J'ai une idée (elle est bonne mon idée, Eric Bess*n me l'a piquée) : si on ouvrait dans ces colonnes un grand débat sur l'identité nationale ! 3 Petites Filles - photographie monsieur de K

D'aucuns (ou d'aucunes) vont encore me traiter de bisounours, mais tant pis, j'assume ! D'aucuns vont peut-être aussi me rappeler que j'avais dit "pas de politique", mais c'est pas de la politique.

Il y a des valeurs que je partage avec mes concitoyens : mes enfants n'ont jamais souffert de la faim, je n'ai jamais fait 60 km à pied pour aller me faire soigner dans un hôpital où il n'y a pas de médicaments, je suis allée (et mes enfants sont allés) dans une école gratuite et laïque pour apprendre à lire, à écrire et à compter.

Je sais d'où je viens, et d'où vient ma culture. Je sais que mon premier empereur était franc (et non pas français) et que sa capitale était Aachen (Aix-la-chapelle en Allemagne), je charlemagnesais que les femmes (et donc les mères) de mes rois venaient d'Espagne, d'Autriche, d'Italie. Je sais qu'il y a des souverains dictateurs dans l'histoire de France qui n'ont rien à envier au moustachu allemand.

Mais il y a aussi des valeurs que je ne partage pas : casser la gueule à des gens pour la possession d'un ballon sous prétexte que mon tee-shirt n'est pas de la même couleur que le leur, mettre dans des avions des sans-papiers pour les ramener en Afganistan, jeter les canettes de bière par la fenêtre de la voiture, préférer jeter de la nourriture que de la donner, renier les idées qu'on défendait et trahir ses anciens partenaires pour pouvoir partager le pouvoir.

Et il y a des valeurs que j'aimerais partager avec qui voudra (français ou pas), celle du partage justement, et celle du respect des générations futures.

Donc pour moi, être français ça pourrait se résumer à travailler et payer ses impôts en France. Et voter. Peut-être que si tous les habitants de France avaient voté en mai 2007 on en serait pas aujourd'hui à se gratter le nombril pour voir de quelle couleur il est.