27 août 2009
Georgia on my mind
Bande-son obligée ! Ray Charles (Oh oui ! dansons joue contre joue !)
Parfois quand je fouille dans les chambres de mesdemoiselles de K à la recherche de lecture, je tombe sur des choses intéressantes (La princesse de Clèves ou Lucía Extchebarría). Mais là, je suis tombée sur un ovni ! Le journal intime de Georgia Nicolson - volume 9 (9 !!!) "Le coup passa si près que le félidé fit un écart". C'est écrit par Louise Rennison.
J'en suis restée sans voix, hésitant entre crier au génie ou au scandale, sans doute comme les critiques littéraires qui ont lu le premier écrit de James Joyce ou de Céline. Parce que, si la définition de la Littérature c'est que c'est écrit tellement bizarre que t'y comprends rien, ben ça c'est de la littérature avec un grand L, pi même deux tiens, pendant qu'on y est !
La couverture dit "Traduit de l'anglais par Catherine Gibert", certes, mais qui va me le traduire en français ?
En plus je me rends compte, après avoir lu quelques pages, que la conversation de mademoiselle de K N°1 & ses kopinettes est émaillée de citations de Georgia.
Un petit extrait pour tester ta jeunitude ? Pas la peine que je t'explique le contexte, tout ce que tu as besoin de savoir c'est que Georgia est une ado normale (donc anormale) qui a des copines et qui drague le boutonneux avec force stratagèmes et gaffes. Extrait donc :
Lever de ma personne, assorti propulsion en direction de l'arrière du végétal où le Saindoux traîne son gras-double und exhale la fumée par l'entremise de la clope und remonte son falzar. Notre Seigneur.
Moi à un enrobé portant bésicles :
- Que voulez-vous au juste ?
- Voir vos nunga-nungas. (là je crois qu'elle parle de ses seins...)
Le troupeau de boeufs part illico en hilaritude (Ségolène aurait-elle lu trop de Georgia Nicolson ?) mit criailleries :"Allez, montre-les-nous !"
Roro rapplique sur zone et toise le Saindoux de toute sa hauteur. Je précise que la potesse ne pointe pas chez les rachots.
Rosie :
- J'ai le plan le super. On exhibe le nunga-nunga, mais vous exposez le vermicelle first, afin de vérifier l'anomalie.
Un autre extrait ? va voir là !
Tu remarqueras avec satisfaction la réapparition de l'argot le plus pur, emprunté sans doute à San Antonio, Brassens ou Audiard.
Il va falloir que je trouve une conclusion conclusive, et ça c'est pas gagné...
26 juillet 2009
blonde, mais pas que
Un après-midi de grande disette (en cette période estivale les horaires d'ouverture de la biblicoquette, comme dirait ma bloguine la Fée, sont réduits à la portion congrue), je fouille dans la chambre de mademoiselle de K N°2 à la recherche de lecture et je tombe sur : Aime-moi, por favor ! de Lucía Extchebarría (je te dis pas le sport pour mettre un í !).
Et là, j'ai comme un flash, et je me rappelle que, du temps où il n'avait pas encore la cervelle brûlée par la vitesse excessive de sa mob, la vie de couple et les excès en tous genres, Yojik avait parlé de cet auteur (j'ai horreur de dire auteure) sur son blog.
Donc je m'attaque à la chose. C'est un recueil de nouvelles qui racontent l'amour vu par des femmes de toutes sortes : une prostituée, une qu'a été violée, une qu'a connu un orgasme cosmique dans un cimetière à la pleine lune, une qui veut pas garder le chien de son ex, une qui peut pas crier sur son mec parce qu'elle est chanteuse et ne veut pas abimer sa voix etc. Un tas de petites histoires déjantées ou déprimantes ; c'est un peu de la chick lit (j'ai appris ce mot y a pas longtemps) mais ça se laisse lire.

Et puis là, à la fin, comme un bouquet final pour prouver que l'auteur n'est pas que frivole et bavarde, un texte sur le Sahara Occidental, la situation politique inextricable, insupportable, et la situation des femmes sahraouies, insupportable au carré ! T'en entends parler souvent, aux faits divers à 20
h à la télévision publique pour laquelle on paie une redevance, de la situation du Sahara Occidental ? Rien que pour ça j'ai eu envie de te parler de ce livre.
Il y a plus d'un siècle, mes ancêtres vivaient dans le Sahara, au bord de la mer. Ils étaient organisés en tribus nomades (...) Les sahraouis vivaient de la pêche et de l'agriculture, en paix, en harmonie, heureux. Puis les colonisateurs espagnols sont arrivés (...)
Un autre extrait ? va faire un tour sur Fast-portraits !
Bon, tu peux remettre ton masque et retourner étudier la vie intime des anémones de mer.
12 juillet 2009
Dino Buzzati
Lecteur fidèle et néanmoins attentif, tu n'es pas sans ignorer, si tu as suivi, que j'ai reçu deux livres à
commenter. Voilà le deuxième (offert par les éditions Robert Laffont et Blog-o-book) : Nouvelles oubliées de Dino Buzzati (mais si, tu le connais, son oeuvre la plus connue c'est "Le désert des tartares").
Oubliées pourquoi ? te demanderas-tu, curieux comme je te connais. Et bien oubliées de nous seulement lecteurs francophones, puisque ces nouvelles ont été "oubliées" lors de la traduction de recueils de nouvelles de Buzzati en français, comme nous l'explique la traductrice, Delphine Gachet, dans la préface.
Des nouvelles donc, très diverses, qui parlent de guerre, de mort, de temps qui passe ; mais certaines sont plus gaies qu'on pourrait le croire. Certaines sont poétiques, comme "Nuit après nuit" ou le narrateur dialogue avec les étoiles : elles n'étaient plus (...) au cœur de problèmes de physique désespérants sur lesquels on pouvait consumer une vie entière ; en revanche, il émanait d'elles une incitation ténue et personnelle.
Il y a quand même une nouvelle intitulée "Fausses nouvelles", ce qui est très fort, et une autre intitulée "La croissance du hérisson", bien avant la parution de "L'élégance du hérisson" dont nous parlions dans ces colonnes pas plus tard que dans l'avant-dernière page.
Mais celles que j'ai préférées sont celles qui parlent d'un écrivain qui écrit une nouvelle, comme "Histoire inachevée" ou "Le retour du croquemitaine", une mise en abîme (et je te jure que quand j'ai écrit cette page je n'avais pas encore lu ces nouvelles) dans laquelle l'écrivain entre dans son histoire et arrive même à se faire manipuler par ses personnages : En ce qui me concerne, l'homme de la maison jaune (un des personnage de la nouvelle qu'il est en train d'écrire - ndm), je ne le connais pas, et ce n'est certainement pas moi qui l'ai fait venir. Il est entré dans cette histoire de son propre chef, sans y être invité (...)
Ce Dino est un taquin. Il nous laisse parfois pendant les trois premiers quarts de la nouvelle peiner pour comprendre où on est, de qui ou de quoi on parle, si c'est du lard ou du cochon. Et quand on commence juste à prendre ses repères, paf, il nous laisse en plan avec plein de questions en suspens ! (les littéraires égarés qui passeraient par ici (coucou Pepina) te diraient que c'est justement le principe d'écriture des nouvelles, ou du moins un des principes).
Enfin, tu l'auras compris, j'ai aimé !
Un autre extrait ? va faire un tour sur Fast-portraits, je suis sûre que ça fait un bout de temps que tu n'y es pas passé.
17 juin 2009
dictionnaire II
Tiens, avant de commencer, je te propose d'écouter une chanteuse que je viens de découvrir, Sheila Chandra. Si tu n'aimes pas, va chez l'ORL, tu dois avoir un problème d'audition !
Je disais donc, avant que tu m'interrompes de manière grossière, que le côté dictionnaire de l'amoureux m'indisposait quelque peu, le côté mise en rondelles. Cela correspond trop (pour être honnête) à la vie actuelle : pas le temps, vite vite ! fast-food, fast-portrait, épisode de série de 50 min, flash info, week-end à Rome et tutti quanti. La lecture sur internet est particulièrement révélatrice de ce tempo, où la page doit être courte et percutante (comme sur la Minute Encyclopédique, tu vois comme je suis dans l'air du temps !). Le livre-dictionnaire se formate sur cette vie. J'eusse préféré un exposé construit, une table des matières déroulant lentement la logique du raisonnement et de la réflexion du sieur Hagège, qui a l'air d'en avoir beaucoup (du raisonnement et de la réflexion). Mais bon, puisque la mode est au dictionnaire...
Une petite citation pour la route ?
À l'article Navajo (langue des indiens du même nom) : (...) beaucoup de verbes usuels n'ont littéralement pas d'expression en soi. Ainsi, alors que la plupart des langues ont un verbe "donner", le navajo (...) propose une vingtaine de verbes différents selon que l'on donne un objet souple, comme une lanière, long, comme un bâton, susceptible d'être rassemblé en paquet, comme du foin (...). L'étude des langues nous apprend à embrasser (j'attends le comm idiot de la Fée) la diversité des modes d'appréhension du monde : ce qui paraît insignifiant aux uns est capital pour les autres, ce que la langue des uns ne mentionne même pas, celle des autres en décrit sans répit les plus menus détails.
Sinon j'avais déjà parlé de dictionnaire, tu te rappelles ?
photographies anciennes d'indiens navajos copiées là
15 juin 2009
dictionnaire
J'ai encore fait la fille de petite vertu et je me suis vendue. Rien de grave quand même, je te rassure : c'est
simplement que je me suis fait offrir deux livres à la condition d'en parler sur mon blog.
Le premier, par ordre chronologique, c'est le Dictionnaire amoureux des langues de Claude Hagège, offert par les éditions Plon / Odile Jacob et l'opération "Masse Critique" organisée par Babelio.
Tu t'imagines bien que je vais te parler de ce livre sans l'avoir lu en entier (700 pages tout rond, sans les annexes). Mais c'est mon sport préféré de parler de livres que je n'ai pas lus, remember ?
Donc c'est un livre sur les langues (si tu suis tu le sais déjà) et c'est un dictionnaire. C'est un dictionnaire amoureux aussi, mais ne va pas t'imaginer une quelconque photo coquine ni même l'évocation d'un baiser, le côté amoureux reste très intellectuel ! J'étais très tentée par le côté langue, mais je m'aperçois à la lecture que le côté dictionnaire m'agace. Ce que Hagège dit est très intéressant, mais c'est dans le désordre, pas rangé, en vrac. Un peu comme si dans ton armoire tu décidais de
ranger les affaires par couleur : une étagère blanche (tes chaussettes, les torchons, les assiettes, le lait, le papier pour l'imprimante), une étagère noire (les chaussettes de ton mari, le cirage, les cachous, les gants, la télécommande) etc. Tu vois le truc ?
Tu commences à lire le chapitre "Inaliénable" à la lettre I donc, et tu lis "Pour un hispanophone ou un francophone, l'opposition de l'exclusif et de l'inclusif (voir exclure, inclure) est un phénomène exotique, mais une autre opposition l'est tout autant : celle qui distingue l'aliénable de l'inaliénable". Donc tu laisses l'index de la main droite à la page I, et de la main gauche tu cherches à la lettre E la page Exclure, inclure. Et si t'as le malheur de tomber sur "ceci cela (voir la page machin-bidule") (c'est un exemple hein) ben là t'es mal parce que t'as plus de main !
Sinon quand même le gars Hagège, il t'en bouche un coin ! Il en sait des trucs, c'est étourdissant ! Il se pose des questions que tu t'étais jamais posées ; genre : quand je dis "nous allons partir en Australie" est-ce que la personne à qui on s'adresse va partir aussi en Australie (nous inclusif) ou pas (nous exclusif). Et il nous explique qu'en français, pas moyen de savoir, mais qu'en guarani ou en indonésien il existe deux formes du pronom nous qui expriment chacun des deux cas. Donc en passant tu t'aperçois qu'il connaît des tas de langues dont tu n'as jamais entendu parler (comme le tagalog, langue
austronésienne des Philippines, ou le sénoufo, famille gur, Côte d'Ivoire), mais qu'en plus il les connaît par le menu puisqu'il décortique leur grammaire !
Et c'est intéressant de voir comment en parlant de grammaire on arrive à analyser les relations des hommes entre eux, leur relation au monde et leur philosophie. J'aime !
Enfin, il y a quand même à la lettre E un chapitre intitulé Étymojolie, et rien que pour ça je lui pardonne son placard en bor bazar à ce monsieur.
Pour conclure, va lire à la fin les autres titres de la collection, je crois qu'il y a des choses intéressantes : Dictionnaire amoureux du vin, Dictionnaire amoureux des menus plaisirs (je me demande de quoi ça parle ???), Dictionnaire amoureux des dictionnaires (un méta-dictionnaire en quelque sorte !).
J'avais d'autres choses à dire, mais je crois que tu en as assez pour aujourd'hui, non ?
14 avril 2009
bijou de famille
Je crois que je vais encore te casser les pieds avec un compte-rendu de lecture, mais ça s'enchaîne merveilleusement avec la page précédente.
Je suis en train de lire Une simple affaire de famille, par Rohinton Mistry traduit de l'anglais par Françoise Adelstein, et je me régale !
Je ne sais pas si c'est de la littérature, mais ça c'est une histoire !
Il s'agit d'un vieux monsieur indien (plus précisément un parsi de Bombay) qui est balloté entre ses enfants et ses beaux enfants qui ont du mal à assumer sa prise en charge. Les Parsis sont des Perses zoroastriens qui ont immigré en Inde au 8e siècle pour fuir l'invasion de la Perse par les Arabes. Ils forment une minorité très fermée dans la société indienne. Ce roman permet donc de voyager doublement en Inde et dans la communauté parsie.
Quand tu ouvres le livre ça sent le curry, la cardamone (ou cardamome ?) et le bois de santal. Et les sentiments ou façons de voir des personnages sont tellement bien décrits que quand tu sors de là tu vérifies si ton sari est bien épinglé autour de tes hanches (enfin moi ça me le fait, pour un garçon ça sera peut-être différent... teste et raconte-nous !)
Donc c'est la parfaite illustration du genre de livre que j'aime : ça se lit facilement, on apprend des choses, on vit la vie de personnages hors du commun et on prend du plaisir. Mais promis, je réessaierai Céline ! (je parle de Louis-Ferdinand, pas de toi Céline !)
Oui, je sais, j'ai déjà parlé de littérature indienne, et j'ai déjà utilisé cette merveilleuse photographie d'Edouard Boubat. Mais elle est merveilleuse, non ? Et elle fait un joli effet miroir avec la couverture du livre. De toute façon, je suis chez moi, je fais ce que je veux !
PS : ce livre m'a été offert par les Editions Livre de Poche (en partenariat avec le site Blog-O-Book) en échange de la publicatrion d'une critique. Et à ceux qui tordraient le nez en se plaignant que je me suis vendue (mais si ! je te vois venir !) je réponds que pas du tout ! et que c'est un échange gagnant-gagnant.
10 avril 2009
décomplexée !
musique ? 
Je n'ai pas osé mettre cette page juste derrière celle du 1er avril, j'ai eu peur que tu te demandes si c'était du lard ou du cochon...
Je suis en train de lire boue de Guillermo Fadanelli, écrivain mexicain, c'est à la mode. Tu me diras, c'est pas le genre de madame de K d'être à la mode ! Mais indirectement si. Je t'explique : quand je vais à la bibliothèque et que je ne suis pas à la recherche d'un livre précis, je prends souvent les livres sélectionnés par les bibliothécaires, qui eux sont le nez au vent non pas des modes mais des courants littéraires.
Donc va pour un mexicain, qui nous raconte les tribulations d'un vieux prof de philo déjanté, poussé au crime pour l'amour d'une jeune et belle fille. Et voilà ce que je lis :
"si un auteur est difficile, je l'abandonne, car je ne crois pas devoir faire le moindre effort ; quel paradis l'écrivain me promet-il pour me convaincre d'avaler son galimatias (...) Moi, à mon âge, je ne vais pas accabler mon cerveau pour comprendre les métaphores d'un philosophe, et encore moins celles d'un écrivain. S'ils veulent se compliquer la vie, c'est leur problème ; si leur cerveau est effectivement éblouissant et complexe, ils seront capables de nous offrir, à nous les idiots, un peu de simplicité (...) Je me pose la question : comment un écrivain peut-il avoir la vanité de penser que d'autres consacreront je ne sais combien d'années de leur vie à comprendre leur oeuvre ?"
Un peu dangereux d'écrire ça pour un écrivain non ? Il n'a pas peur qu'on referme son livre ?
En tout cas moi ça m'a complètement décomplexée ! Aux orties les scrupules à ne jamais avoir pu aller plus loin que la page 100 de À la recherche du temps perdu ! Envolée la honte de ne pas pouvoir lire Céline ! Poubelle le Ulysse de James Joyce tout neuf qui se morfond sur les étagères depuis des lustres ! (c'est d'ailleurs de ce livre, entre autres, que parle le prof de philo de Fadanelli)
Rien que pour ce passage, ce livre mérite trois étoiles ! Et j'ai lu boue jusqu'au bout ! (j'ai mangé un clown ce matin moi...)
01 avril 2009
Entre tes bras - de Brenda Harlen
Je suis en train de lire 1 livre trop passionnant ! C'est 1 histoire tellement romantique ! Tiens je te mets le résumé de l'éditeur :
Avocate spécialisée dans la défense des droits des femmes, Arden Doherty essuie régulièrement la fureur des maris de ses clientes. Pourtant, quand elle commence à
recevoir des lettres de menaces, elle sent la peur la gagner. Qui lui en veut à ce point ? Résolue à le découvrir, elle demande son aide à l'inspecteur Shaun McIver, qu'elle connaît depuis des années, puisqu'il est le beau-frère de sa cousine. Un beau ténébreux que, jusqu'à présent, elle avait tout fait pour éviter, tant il fait naître en elle des sensations troublantes. Elle qui s'était pourtant juré de se méfier des hommes et de ne jamais plus tomber amoureuse...
Cette femme a tellement souffert. Mais à la fin ils se marient. Mais ça a été tellement dur leur histoire ! Mais leur amour est tellement beau & pur ! C'était trop bien ! Je te conseille ce livre !!!
Mais attention!!!!! prends une boîte de kleenex ! Moi j'ai pleuré comme une madeleine. Je suis tellement romantique. LOL !
J'ai failli oublier de t'offrir une *** belle chanson *** pour finir.
18 mars 2009
Huckleberry Finn
Voici la page la plus absconse et la plus hermétique de l'histoire de ce blog. C'est là que je vais reconnaître mes vrais lecteurs, ceux qui ont une volonté d'acier et une résistance à toute épreuve.
Tu te souviens (sans doute) de la fois où j'ai expliqué Le Misanthrope à des djeunz de ZEP, ou de la fois où j'ai traduit Roméo et Juliette en langue Audiard ?
Ben aujourd'hui je vais te parler de la façon dont Huckleberry Finn (sous la plume de Mark Twain traduit par Bernard Hoepffner) voit la célèbre tirade de Hamlet. Ce roman a été classé par Time magazine en 2007 5e meilleur livre de tous les temps. Bon moi je l'ai trouvé sympa, folklo, ethno-intéressant, mais pas de quoi en faire tout un plat non plus... (je suis trop difficile peut-être ?)
Edit du 19 mars : suite à une remarque très universitaire de la linguiste Pepina, je précise qu'on peut trouver le texte original en anglais là, et que la traduction de la colonne de gauche est de François-Victor Hugo (fils de Victor). Je précise également que la colonne de droite est une interprétation, pas une traduction du texte de Shakespeare.

Si t'es arrivé au bout, tu es un(e) brave ! Maintenant il faut que je te dise : moi non plus j'ai pas tout compris !
08 février 2009
mes folles nuits avec Louis (2)
Je te devais une deuxième partie à la critique de Louis XIII de Jean-Christian Petifils, remember ?
Concernant la critique sur la forme, j'ai un petit détail à ajouter : il n'y a pas d'accent sur les à majuscules, et je trouve ça bien plus élégant avec un accent. D'ailleurs ce n'est pas qu'une question d'élégance : l'académie française prescrit l'accentuation des majuscules.
Maintenant passons aux choses sérieuses tout de même : le contenu.
Je dirais que ce livre est destiné aux personnes un peu férues d'histoire, car le vocabulaire spécifique n'est pas expliqué.
Exemple p 50 "En mars 1606, à quatre ans et demi, il (son père Henri IV) lui (Louis XIII) fit visiter Paris en l'installant à la portière de son carrosse, assis sur un carreau". Jusqu'à il n'y a pas si longtemps, j'ignorais qu'un carreau était un gros coussin, pas toi ?
Autre exemple p 71 "Il (le roi) représentait la continuité de la dignité royale, par delà la disparition de sa personne périssable, illustrant la célèbre théorie d'Ernst Kantorowicz sur le double corps du roi." Célèbre ? ben moi je connais pas... et toi ?
Ensuite, cette histoire est passionnante, mais trop saturée de détails. Le nombre de personnages apparaissant par page est impressionnant !
Par exemple (pages tirées au hasard) : pages 56-57 = 16 personnages et pages 350-351 = 15 personnages. Un vrai kaléïdoscope de visages. Ça me fait penser à ça :
ou même à ça (tu te rappelles les heures qu'on a passées avec les filles à charcher chercher Charlie ?) :
Et à mon sens les détails ne sont pas toujours nécessaires. Il y a des fois où Jean-Christian Petifils aurait pu élager sans nuire à la précision narrative.
Par exemple P277 il écrit : "Ludovivi arriva à Metz en petit équipage, descendit à l'auberge de la Tête noire, obtint une première entrevue avec Duplessis, l'intendant du duc, puis avec le duc lui-même, à qui il présenta une lettre de créance de Marie".
J'aurais mis : "Ludovici alla à Metz présenter la lettre de créance de Marie au duc". 13 mots au lieu de 39, moins 66% (quelle solde !).
Monsieur de Keravel susurre (tu te rappelles, susurre avec un seul S, j'en ai déjà parlé) perfidement que c'est peut-être que je suis davantage faite pour lire des romans de gare que des livres d'histoire, mais je me contenterai de l'ignorer superbement !
Maintenant je ne voudrais pas que tu croies que je n'ai que des choses négatives à dire ! J'ai lu* ce livre avec plaisir. J'aime essayer de comprendre ces gens d'il n'y a pas si longtemps qui ont une manière de penser et d'agir tellement différente de la nôtre. Et c'est raconté d'une plaisante façon. Donc même si tu n'es pas historien, tu peux t'y essayer !
* Il faut que je t'avoue, j'ai écrit cette critique avant d'avoir fini la lecture du livre... Mais je m'en fous, je connais la fin. Et comme je suis une très mauvaise critique, je vais faire ce qu'il ne faut jamais faire, je vais te raconter la fin : à la fin, il meurt !









