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pensée du jour, écrits et images

09 novembre 2009

bulletin

Belle-maman de K divulgue les secrets de famille !

Doisneau EcoleNom : monsieur de K
Année : 1974-75 - 2e trimestre
Classe : 3e7
Matière : Langue vivante 2
Note : E (sur une échelle de A à E)
Appréciation : Nul et souriant

De nos jours je crois qu'un prof ne se permettrait pas une appréciation aussi négative (mais néanmoins pleine d'humour) (ou pas remarque...)

Photographie : Robert Doisneau

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17 juillet 2009

Madame, je vous donne

En ce moment il n'y a plus personne dans la blogosphère on dirait... sauf toi, fidèle lecteur que je chéris ! J'en profite pour te mettre une petite poésie que, je suis sûre, tu apprécieras. Elle a été écrite par Isaac de Benserade. Tu connaissais ce mec ? pas moi… c'est un écrivain français du XVIIe, si tu veux en savoir plus, va voir par là.

Madame, je vous donne un oiseau pour étrenne guilbert
Duquel on ne saurait estimer la valeur ;
S’il vous vient quelque ennui, maladie ou douleur,
Il vous rendra soudain à votre aise et bien saine.

Il n’est mal d’estomac, colique ni migraine
Qu’il ne puisse guérir, mais surtout il a l’heur
Que contre l’accident de la pâle couleur
Il porte avecque soi la drogue souveraine.

Une dame le vit dans ma main, l’autre jour
Qui me dit que c’était un perroquet d’amour,
Et dès lors m’en offrit bon nombre de monnoie ;

Des autres perroquets il diffère pourtant :
Car eux fuient la cage, et lui, il l’aime tant
Qu’il n’y est jamais mis qu’il n’en pleure de joie.

Peinture : le piège I - Maria Guilbert - 2003

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10 juillet 2009

Mamie de K

Il me plaît de penser que je suis la dernière à t'avoir vue consciente.

Il me plaît de penser que derrière tes paupières tressaillantes c'est l'image de moi, imprimée sur ta rétine bleuie, qui t'accompagne dans ton dernier coma.

Il me plaît de penser que je suis pour toujours ta première petite fille.

pas de commentaires sur cette page please !

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27 mai 2009

sous-traitance

Je tombe sur un truc qui, paraît-il, ressurgit périodiquement tel le monstre du Loch Ness : Corneille aurait été le nègre de Molière (ou Molière l'homme de paille de Corneille, suivant le point de vue...).

corneille

L'affaire a l'air très passionnelle, des universitaires joutent, le clan des moliéristes méprisant fort le clan des corneillistes, qui le lui rend bien.

Le premier à soulever le lièvre fut Pierre Louÿs au début du siècle. L'occasion de lire quelques unes de ses savoureuses poésies érotiques (ou prose érotique aussi) (ou poésie pas érotique d'ailleurs). Seul un de ses écrits sera censuré ici, par égard pour La Fée Kabossée, celui où il fait l'éloge de la cigarette.

Cornière

Quant à Corneille écrivant du Corneille, il faut que je vous avoue que ses vers (que je cite en dessous) m'ont valu une prise de tête mémorable. J'étais au collège, je n'avais encore jamais embrassé un garçon (mais ça c'est une autre histoire) et j'ai séché tout un mercredi après-midi en me demandant ce que ça pouvait bien vouloir dire.coeur de Marie

Don Diègue
Rodrigue, as-tu du cœur ?

Don Rodrigue
Rodrigue, as-tu du cœur ? Tout autre que mon père
L’éprouverait sur l’heure.

Don Diègue
L’éprouverait sur l’heure. Agréable colère !
Digne ressentiment à ma douleur bien doux !
Je reconnais mon sang à ce noble courroux ;
Ma jeunesse revit en cette ardeur si prompte.
Viens, mon fils, viens, mon sang, viens réparer ma honte ;
Viens me venger.

"Du coeur" ? Ils ne jouent pas aux cartes quand même ? Ou alors le père veut savoir si son fils l'aime ? "L'éprouverait" ? Est-ce qu'il veut dire que s'il aime son père, son père doit l'aimer aussi ? Si tu lis ça avec des yeux de 13 ans et la langue du 20e siècle (ben ouais, j'avais 13 ans au siècle dernier...) c'est quand même très mystérieux !

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14 décembre 2008

Mireille Havet

mireille_havet2Monsieur de K est tombé amoureux ! Et comme je veux qu'il me reste fidèle, j'essaie d'assouvir ses fantasmes, au moins virtuellement... Donc l'objet de son nouvel engouement c'est Mireille Havet (et finalement je n'ai pas grand-chose à craindre d'elle puisqu'elle est morte en 1932).

Et à son sujet j'en connais plus que Wikipedia, ce qui ne me rend pas peu fière (pauvre fille !).

C'est une jeune fille qui avait 20 ans au sortir de la grande guerre, qui aimait les femmes et l'oubli apporté par l'opium, et qui est morte à 34 ans de tuberculose dans la solitude et la misère.

Son journal intime a été réédité récemment en 3 volumes dont les titres évocateurs sont :
- le monde entier vous tire par le milieu de ventre (1918-1919)
- aller droit à l'enfer par le chemin même qui le fait oublier (1919-1924)
- c'était l'enfer et ses flammes et ses entailles (1924-1927)
Les critiques à propos de ces livres sont dithyrambiques (je te rassure, à chaque fois je suis obligée de vérifier l'orthographe dans le dictionnaire).mireille_havet
Même Télérama succombe à ses charmes...

Un extrait ?
Mon vice n’est donc point tant l’amour, ni la recherche du plaisir le plus bas physiquement, puisqu’au fond, je fais surtout l’amour pour gagner ma vie et obtenir de mes maîtresses les rentes nécessaires à mes appétits et à mon égoïsme, mais en tout premier lieu et avant tout, les toxiques, et en particulier la morphine, dans l’ivresse supposée de laquelle je vautre mon âme calculatrice et mon corps amoureux de léthargies artificielles qui permettent d’oublier les déconvenues de ma carrière illicite mais très répandue à Paris.
D'autres extraits ? va voir .

Donc si tu sais pas quoi offrir à monsieur de K pour Noël, voilà une idée !

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08 mars 2008

bonheur

free music

blanc
Hier je regardais un reportage à la télé sur une exposition sur Boubat, et le journaliste dit "Boubat est le photographe du bonheur". Et là je me dis in petto (non Y. ça veut pas dire que j'ai des flatulences ...) : mais oui ! bien sûr ! c'est ça la difficulté ! être le photographe du bonheur c'est bien plus difficile que d'être le photographe du malheur. boubat

C'est comme pour l'écriture ou le cinéma. C'est facile d'écrire le malheur, facile d'émouvoir dans les chaumières en suivant la survie d'un pianiste dans le ghetto de Varsovie (quel film ! j'en n'ai pas dormi de la nuit !). Facile d'indigner tout le monde avec une photo de petite fille vietnamienne qui court nue pour fuir les bombes au napalm.

Mais partager du bonheur, alléger le coeur de ceux qui te regardent ou qui te lisent, contribuer à ce que les gens passent une bonne journée en se disant "c'est beau la vie", ça c'est bien plus difficile ! Parce que le bonheur est subjectif, intime, personnel, polymorphe et mouvant. Mais savoir donner du bonheur, c'est de l'art. Et moi j'aimerais bien être la blogueuse du bonheur !

J'ai déjà parlé de Boubat (remember ?) et c'est drôle que ce soit à propos du bonheur déjà (même s'il est en lambeaux).

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15 février 2008

B

Aujourd'hui je voudrais partager avec toi deux découvertes (ou re-découvertes) : Bonnard et Billetdoux. Et non, je n'ai pas trébuché avec mon dictionnaire et il n'est pas tombé ouvert à la lettre B.

Mais avant de commencer, une petite musique pour accompagner ta lecture ? Qui ça ? Ben Buxtehude par exemple !

Pierre Bonnard - l'Indolente - 1899Donc Billetdoux : dans la famille Billetdoux je voudrais la fille, Raphaëlle (elle a cru bon de changer de prénom et de se faire appeler Marie, mais on me la fait pas à moi ! je l'ai retrouvée). J'en ai parlé dans les commentaires de cette page, car j'ai cité le titre d'un de ses livres "Mes nuits sont plus belles que vos jours". Je croyais avoir lu ce livre mais je n'en avais aucun souvenir donc j'ai voulu le relire. Et en le relisant je me suis aperçue qu'en fait je ne l'avais jamais lu (tu suis ?). Pourquoi ce nom et ce titre sont resté gravés dans ma mémoire ? J'ai dû les trouver jolis à l'époque.
Un petit extrait ? C'est le début :
Pour le moment, la seule chose réellement difficile était de détourner les yeux de cette large déchirure de ciel, profonde et envenimée, qui allumait une sorte de brasero au dessus de Paris. Les plus violents paysages terrestres, les plus étonnants animaux y étaient en réplique, sculptés dans la pourpre des anges mourants dont on ne voyait plus briller par réfraction que l'or des trompettes. Sous cette dernière lumière vivante, les êtres, les oiseaux, les voitures étaient pris de folie. L'invasion de l'ombre et l'agitation du monde donnaient seulement une illusion de vent, qui ne changeait rien à la chaleur du temps. Les enfants tombaient à plat ventre et décidaient de pleurer. Les chiens se retournaient sur eux-mêmes et levaient la gueule pour regarder les hommes aux yeux. La journée devait être longue et voici qu'elle avait passé. C'est à cette heure la plus religieuse que l'on souffre tout à coup très précisément de ne pas être aimé (...).
Je sens que ce livre va me plaire !

.oOo.

Puis Bonnard, Pierre. Je veux mettre les infos à midi, je me goure de chaîne,Bonnard et paf ! je tombe sur un numéro de "Palettes". C'est bonnard Palettes, et en plus c'était sur Bonnard (oula, elle est en forme la mère de K aujourd'hui !). Et plus précisément sur son tableau "L'atelier aux mimosas". Je parlais de mimosas justement l'autre jour chez Tilu. J'adore les mimosas ! Et lire un tableau avec les commentaires de Palettes, tout de suite on se sent vachement intelligent (j'aime bien !). Et pendant que j'en parle je sens presque leur odeur fruitée et fraîche. Parmi les impressionnistes, Bonnard n'est pas le plus connu. Pas étonnant d'ailleurs puisque c'est un post-impressionniste, du groupe des nabis plus précisément (c'est pas que je sois si savante, j'ai fait chauffer wikipedia).

Tu peux venir prendre le thé, j'ai fait de la brioche.

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24 octobre 2007

les passantes

passante

Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu'on connait à peine
Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais

Georges Brassens - Les passantes
Paroles: Antoine Pol. Musique: Jean Bertola

Ça a dû arriver à tout le monde un jour de faire la liste de ses amours passées (amour délice et orgue, remember ?)

Spéciale dédicace à P. qui écoute Brassens alors qu'elle n'était même pas née quand il est mort.

Spécial commentaire à Francis Cabrel : Mon chéri, si tu m'aimes en secret, n'hésite plus : appelle moi au 06 86 ** ** 32

photographie Gérard Laurent 

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20 octobre 2007

to be or not to be

Tout le monde a déjà entendu cette citation. Presque tout le monde sait que c'est du Shakespeare. Et beaucoup (toi au moins) savent que c'est la tirade dans Hamlet du personnage éponyme (je ne savais pas si je serais capable de le caser un jour ce mot, et dans le bon sens). Mais il faut que j'avoue que jusqu'à jeudi dernier, je ne savais pas ce qu'il y avait derrière (toi si ? baratineur !).
C'est pas que je sois prise d'un engouement subit pour Shakespeare, c'est juste une coïncidence ...

HAMLET :Zoran Music - le fauteuil gris
Être, ou ne pas être, c’est là la question. Y a-t-il plus de noblesse d’âme à subir la fronde et les flèches de la fortune outrageante, ou bien à s’armer contre une mer de douleurs et à l’arrêter par une révolte? Mourir..., dormir, rien de plus... et dire que par ce sommeil nous mettons fin aux maux du cœur et aux mille tortures naturelles qui sont le legs de la chair : c’est là un dénouement qu’on doit souhaiter avec ferveur. Mourir..., dormir, dormir ! peut-être rêver ! Oui, là est l’embarras. Car quels rêves peut-il nous venir dans ce sommeil de la mort, quand nous sommes débarrassés de l’étreinte de cette vie ? Voilà qui doit nous arrêter. C’est cette réflexion-là qui nous vaut la calamité d’une si longue existence. Qui, en effet, voudrait supporter les flagellations et les dédains du monde, l’injure de l’oppresseur, l’humiliation de la pauvreté, les angoisses de l’amour méprisé, les lenteurs de la loi, l’insolence du pouvoir, et les rebuffades que le mérite résigné reçoit d’hommes indignes, s’il pouvait en être quitte avec un simple poinçon ? Qui voudrait porter ces fardeaux, grogner et suer sous une vie accablante, si la crainte de quelque chose après la mort, de cette Gustav Klimt - rosiers sous les arbres - musée d'Orsayrégion inexplorée, d’où nul voyageur ne revient, ne troublait la volonté, et ne nous faisait supporter les maux que nous avons par peur de nous lancer dans ceux que nous ne connaissons pas ? Ainsi la conscience fait de nous tous des lâches ; ainsi les couleurs natives de la résolution blêmissent sous les pâles reflets de la pensée ; ainsi les entreprises les plus énergiques et les plus importantes se détournent de leur cours, à cette idée, et perdent le nom d’action... Doucement, maintenant! Voici la belle Ophélia... Nymphe, dans tes oraisons souviens-toi de tous mes péchés.
Shakespeare - Hamlet - Acte III scène 1

À ce discours somme toute vraiment déprimant, dépressif, noir, et même carrément suicidaire, je n'ai qu'une chose à répondre (avec l'aide de Giono, qui était quand même surnommé "le joyeux pessimiste", faut le savoir !) :

Le héros n'est pas celui qui se précipite dans une belle mort ; c'est celui qui se compose une belle vie.
Jean Giono extrait de "précisions" (d'autres citations ).

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11 octobre 2007

merci !

Petite précaution en préambule pour ne pas avoir d'ennuis avec monsieur de Keravel : barbara
ce qui suit est une fiction, une exagération poétique, une métaphore. Tout carambolage avec la réalité est fortuit. Ma plus belle histoire d'amour c'est toi.

En lisant tu peux écouter ça. Si tu n'as pas les poils des bras qui se soulèvent et des frissons dans la nuque, c'est que t'es irrémédiablement irrécupérable (woaw !).

Mais quel plaisir retire-t-elle a faire un blog ? Bien sûr, il y a écrire "qui m'est aussi nécessaire que respirer" etc. Quoi que ... pourquoi elle écrit pas à sa grand-mère sinon ? Ou pourquoi elle finit pas ce roman qui fera d'elle la nouvelle coqueluche du monde littéraire ?

Et quand elle y réfléchit, ce qu'elle aime dans le blog, c'est toi ! Et ses pages ne seraient rien sans les commentaires qui vont avec. Et elle a de la chance d'avoir des commentateurs si fins et si drôle. Et merci !

Du plus loin, que me revienne,
L'ombre de mes amours anciennes,
Du plus loin, du premier rendez-vous,
Du temps des premières peines,
Lors, j'avais quinze ans, à peine,
Cœur tout blanc, et griffes aux genoux,
Que ce furent, j'étais précoce,
De tendres amours de gosse,
Ou les morsures d'un amour fou,
Du plus loin qu'il m'en souvienne,
Si depuis, j'ai dit "je t'aime",
Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous

Qu'importe ce qu'on peut en dire,
Je tenais à vous le dire,
Ce soir je vous remercie de vous

Barbara

Posté par madamedekeravel à 09:09 - hommage - Commentaires [24] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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