Toi qui es un petit curieux (je parle pas aux filles, parce que "fille curieuse" est un pléonasme) (mais me fais pas dire ce que j'ai pas dit, la curiosité est une qualité ! demande à Darwin ou Lévi-Strauss) tu t'es demandé le pourquoi du comment de ma carte de vœux. Le moment des explications est venu !PollockN5

À la suite de la lecture d'une page de Keepsake, je me suis aperçue que d'une part je confondais Bacon et Pollock (et ce n'est pas toi qui va me jeter la première pierre Pierre !) et que d'autre part Pollock n'était pas inintéressant.

En lisant la page wikipedia sur Jackson Pollock, je me suis dit que certaines biographies sont courtes mais denses (il était alcoolique à 15 ans et est mort à 44 ans).

Pollock a peint beaucoup entre 1947 et 1950 en faisant goutter de la peinture sur des toiles posées au sol au moyen d'un bâton, d'un pinceau ou d'un pot percé, mais sans jamais toucher la toile ; cette technique s'appelle le dripping (gouttage), et Jackson Pollock était surnommé "Jack the dripper", jeu de mot avec Jack the ripper (Jack l'éventreur). Si tu veux voir, il existe des vidéos de lui. Et dans cette vidéo, c'est pas lui que tu vois mais un exposé sur lui intéressant (mais en anglais...) où tu apprendras que Pollock était un personnage insupportable qui donnait des coups de pieds aux chiens dans la rue (pire que moi donc...).

Et un mot dans la page wikipedia m'a tapé dans l'oeil : fractale (L'analyse fractale des œuvres de Jackson Pollock). Comme tu es un de mes lecteurs de la première heure, tu sais que les fractales sont pour moi une source d'émerveillement sans fin (pour Fred et Miss Tortue aussi, mais c'est pas le sujet).

Donc figure toi qu'il en est d'assez zozos (ceci dit, ce n'est pas si zozo que ça puisque ça a été publié dans la très sérieuse revu Nature) pour mesurer la surface occupée par les gouttes de peinture dans les œuvres de Pollock.

La surface occupée par la couleur noire (par exemple) est la même sur la toile entière que sur 1/4 et que sur 1/4 du quart etc. (si j'ai bien compris...). Cette reproductibilité des motifs quand on change d'échelle est caractérisée par un chiffre (obtenu comment ? ben on peut pas tout savoir non plus !) : la dimension fractale de densité d.

PollockN1Pt le tableau N°1, 1949
PollockN1Pt1 PollockN1Pt2 PollockN1Pt3
entier                           et tu coupes en 4          et tu coupes encore en 4
(enfin normalement c'est des carrés)

et toujours la même proportion de noir (enfin normalement...) (pfffiou c'est compliqué les dimensions fractales !...)

Et ce nombre d est caractéristique de la peinture de Pollock. Cette technique a été utilisée pour authentifier (ou pas) des tableaux supposés être de Pollock, comme c'est expliqué sur ce blog très intéressant dans lequel je t'invite à aller farfouiller.

Et dans la série "je prépare les séances d'art plastique de la maikresse Tortue", une page sur Pollock expliqué aux enfants (mais c'est bien aussi pour les grands ! je prends souvent des documentaires au rayon "enfant" de la bibliothèque, pas toi ?).

Et enfin, si tu veux faire comme moi et réaliser une merveilleuse (qui a toussé ?) carte de vœux (ou d'anniversaire, ou de ce que tu veux) à la manière de Pollock, va voir ce site.