J'ai rencontré un jeune (ben ouais, 57 ans c'est jeune !) photographe nommé Michael Kenna à la Bibliothèque Nationale de France, site Richelieu (enfin quand je dis rencontré... c'est une façon de voir ; j'ai rencontré son oeuvre en fait, pour être tout à fait honnête, que tu t'imagines pas des trucs qui ne sont pas).

Kenna se cantonne à la photographie de paysages, des photographies carrées de petit format. Mais il ne cherche pas juste de beaux paysages à photographier, non, ça c'est à la portée du premier YHB venu. Dans ce cas, tout le mérite revient au paysage, pas au photographe.

Non, Michael Kenna imprime sa façon de voir au paysage. Il construit le paysage avec son regard.

Je pense que c'est ça que le commissaire de l'exposition voulait dire lorsqu'il écrivait "le monde photographié n'est plus reproduction à l'identique, mais champs d'un processus complexe et inachevable d'étude des formes et des éléments, de leur composition, de leurs variations, de leurs harmoniques". J'ai horreur de me trouver con quand je lis un truc qui me paraît hermétique, et là, devant toi j'ose le dire, ben j'ai rien compris à toutes ces affiches ! (d'ailleurs le correcteur orthographique me balance des coups de pieds quand j'écris inachevable, c'est un mot qu'existe même pas !)

kennaRussia
Kenna trouve de la géométrie dans les arbres,

KennaNewYork
de l'espace dans les mégapoles,

KennaTheRouge
de la poésie dans les raffineries.

Elle : Tiens, regarde, j'ai trouvé ta photo préférée de l'expo.
Lui : Ah ouais !
Elle : On dirait un Soulages (autre expo vue récemment au centre Pompidou)
Lui : Bof...

kennaSechoirPoisson      soulages1     Soulages2   

Tiens, si tu veux t'en prendre plein les mirettes, va voir par !

PS : si tu cherches Kenna dans gougueule, précise Michael Kenna, sinon tu vas tomber sur ça.