Je tombe sur un truc qui, paraît-il, ressurgit périodiquement tel le monstre du Loch Ness : Corneille aurait été le nègre de Molière (ou Molière l'homme de paille de Corneille, suivant le point de vue...).

corneille

L'affaire a l'air très passionnelle, des universitaires joutent, le clan des moliéristes méprisant fort le clan des corneillistes, qui le lui rend bien.

Le premier à soulever le lièvre fut Pierre Louÿs au début du siècle. L'occasion de lire quelques unes de ses savoureuses poésies érotiques (ou prose érotique aussi) (ou poésie pas érotique d'ailleurs). Seul un de ses écrits sera censuré ici, par égard pour La Fée Kabossée, celui où il fait l'éloge de la cigarette.

Cornière

Quant à Corneille écrivant du Corneille, il faut que je vous avoue que ses vers (que je cite en dessous) m'ont valu une prise de tête mémorable. J'étais au collège, je n'avais encore jamais embrassé un garçon (mais ça c'est une autre histoire) et j'ai séché tout un mercredi après-midi en me demandant ce que ça pouvait bien vouloir dire.coeur de Marie

Don Diègue
Rodrigue, as-tu du cœur ?

Don Rodrigue
Rodrigue, as-tu du cœur ? Tout autre que mon père
L’éprouverait sur l’heure.

Don Diègue
L’éprouverait sur l’heure. Agréable colère !
Digne ressentiment à ma douleur bien doux !
Je reconnais mon sang à ce noble courroux ;
Ma jeunesse revit en cette ardeur si prompte.
Viens, mon fils, viens, mon sang, viens réparer ma honte ;
Viens me venger.

"Du coeur" ? Ils ne jouent pas aux cartes quand même ? Ou alors le père veut savoir si son fils l'aime ? "L'éprouverait" ? Est-ce qu'il veut dire que s'il aime son père, son père doit l'aimer aussi ? Si tu lis ça avec des yeux de 13 ans et la langue du 20e siècle (ben ouais, j'avais 13 ans au siècle dernier...) c'est quand même très mystérieux !