04 septembre 2008

fast-portrait

jocondeToujoursJ'ai une nouvelle idée ! (elle bouge pas beaucoup la mère de K, mais qu'est-ce qu'elle cogite !)

Je vais me mettre au goût du jour (non je ne vais pas m'acheter un i-phone !), en cette époque où tout va vite : manger, voyager, s'informer, grandir, je vais écrire vite. Enfin en réalité, il ne s'agit pas d'écrire vite mais de lire vite, c'est à dire d'écrire un texte très court.

Le but du truc, c'est de faire une collection de micro-portraits (j'ai déjà parlé de portrait , remember ?). Je lance l'idée (bing, elle est retombée sur ton pied... sorry !) et si ça marche, c'est à dire si j'ai dans les commentaires au moins ... 4 on va dire 4 ! Donc si j'ai 4 propositions de micro-portrait dans les commentaires j'ouvrirai peut-être un nouveau blog dédié à l'exercice.

En passant je vous donne quelques nouvelles de mon autre projet : le Cadavreski (voir dans la colonne de droite). Ca marche du feu de Dieu ! On a collecté 17 textes sur 20, et les 3 qui manquent il n'est pas exclu qu'on les reçoive bientôt (j'espère !). Et une rencontre est programmée le 20 septembre. J'ai hâte de faire connaissance avec ceux que je ne connais pas encore !

Bon, mon micro-portrait :

Léa baguette
Elle s'arrête un peu pour regarder les nains dans la vitrine. Elle colle le bout de sa langue dans le trou qui est à la place de ses deux dents de devant et aspire. Ça fait le petit bruit de succion qu'elle aime tant. Elle touche la pièce dans la poche de son anorak pour se donner du courage et pousse la porte de la boulangerie en répètant dans sa tête "Une baguette pas trop cuite et une chocolatine s'il vous plaît".

à vos plumes !

Edit du 7 septembre :

Je l'avais dit, je le fais ! (toute ressemblance avec un nain, fût-il (futile) président, est absolument fortuite)

J'ai eu plus de 4 propositions dans ma page, donc je crée un nouveau blog :
www.fastportrait.canalblog.com

Pour ceux qui avaient déjà écrit un portrait dans les commentaires, je l’ai recopié (en corrigeant par-ci par-là quelques fautes d’orthographe, vous savez comment je suis…).

Je convie aussi les plasticiens à envoyer photographies, dessins, peintures, collages, sculptures etc. (sur le thème du portrait of course)

En avant pour de nouvelles aventures ! ! !

Posté par madamedekeravel à 17:55 - - Commentaires [33] - Permalien [#]


Commentaires sur fast-portrait

    Jules

    Il se tortille sur sa chaise et tourne la tête en tous sens comme une chouette. Il déteste l'immobilité que l'école lui impose.
    Il s'invente des histoires où ses crayons sont des héros qui s'entrechoquent, s'envolent et se parlent avant de jouer à cache-cache dans sa trousse.
    Ses yeux roulent dans leurs orbites quand la maîtresse stoppe son jeu et lui demande de prendre la suite de la lecture.
    "- On en est où ?", demande-t-il avec un air perdu.


    ***
    Bien évidemment, tout rapport avec des personnages existant ou ayant existé au sein de ma classe serait un pur hasard !!!
    ;-p

    Posté par MissTortue, 04 septembre 2008 à 21:34 | | Répondre
  • Ho là !

    Je sais bien que je suis crevée, mais quand même, c'est normal que j'ai l'impression d'un clin d'oeil de la dame là ?
    Bon je relirai demain, parce que j'entrave tchi à c'que tu pénaves Madame !
    Dans quoi tu nous embarques encore ??? pfffff

    Posté par feekabossee, 04 septembre 2008 à 22:10 | | Répondre
  • repons

    Miss T >> 20/20 !

    La Fée >> reviens quand tu auras l'esprit un peu plus affuté

    Posté par madamedekeravel, 05 septembre 2008 à 07:38 | | Répondre
  • Je suis venue hier, mais j'étais trop crevée pour comprendre le sens de ce billet ! J'ai dormi deux nuit en une et je me demandais si à tout hasard on pouvait poster plusieurs portraits parce que je dois prendre le bus et pas mal bouger ce week-end et je suis presque sûre qu'en rangeant cette idée dans un coin de ma tête et en m'armant d'un calepin et d'un crayon de bois, je vais en griffonner quelques uns... En tout cas, c'est une sacrée bonne idée !!

    Posté par sandrine, 05 septembre 2008 à 09:17 | | Répondre
  • Je suis partant aussi mais j'ai une journée bien chargée. Laisses moi jusqu'à demain matin stp Madame de K...

    Posté par ludion libre, 05 septembre 2008 à 10:27 | | Répondre
  • Acta est fabula.

    Rome brûlait.
    La nuit, d’ordinaire sombre à cette époque lunaire, rougeoyait au sud. Des hautes flammes semblaient lécher l’au-delà. « Les Dieux peuvent enfin goûter aux joies de l’enfer », pensait Néron. Confortablement installé au sommet du Quirinal, l’Imperator jouissait du paradoxe. Il en était fier, c’était son œuvre.
    Saisissant sa lyre, il entonna aussitôt :
    « Du Dieu Vulcain, quand l’épouse friponne, … »

    Posté par Papy Jeanjean, 05 septembre 2008 à 10:58 | | Répondre
  • Sandrine >> mais bien sûr ! autant que tu veux

    Ludion >> prends ton temps, on sera encore là demain, (peut-être ?)

    Posté par madamedekeravel, 05 septembre 2008 à 10:59 | | Répondre
  • Papy J >> Waouh ! c'est chaud ;-D

    Posté par madamedekeravel, 05 septembre 2008 à 11:00 | | Répondre
  • Le texte de la pause déjeuner...

    Ursuline était une pimbêche au teint plâtreux qui traversait la vie à petits pas frustrés, arborant un air et un chignon crispé. De sa bouche pincée ne sortait que des phrases hautes perchées, incisives comme le couperet d'un échafaud.A chaque parole prononcée, une tête vacillait, tombait et roulait six pieds sous terre. Lorsque je la croisais, je ne pouvais m'empêcher d'être interloquée : comment diantre pouvait-elle voir de si frêles fétus de paille dans le premier regard venu en ayant une poutre digne d'une demeure gargantuesque, plantée dans chaque œil ?

    Posté par sandrine, 05 septembre 2008 à 12:12 | | Répondre
  • Un prince

    Non pas un prince charmant. Un prince roulant.
    Sur un fauteuil qu'il ne quitte que la nuit pour dormir. Du haut de son fauteuil, de ses yeux verts charmeurs et de sa bouche fine, il distribue des sourires aux femmes qu'ils rencontrent. Et toutes de lui répondre, et toutes d'avoir envie de le suivre. Et lui de faire le difficile. Non celle-ci pas assez, celle-ci beaucoup trop. Et lui trop exigeant. Alors il allume les phares de son fauteuil, il roule dans la nuit et s'en va rêver à son inaccessible étoile.

    Posté par Annick, 05 septembre 2008 à 13:30 | | Répondre
  • bonne entrée littéraire :)

    Quelle belle idée Mme de K! J'en suis toute émerveillée...Je ne pourrai pas participer, mais je lirai tout çà avec plaisir!
    Bises*

    Posté par tidoigts, 05 septembre 2008 à 18:05 | | Répondre
  • Suis pas stakhanoviste

    J'étais perdue dans un Lacrymosa...qui avait plutôt un goût de Dies Illa...et voilà maintenant de tu me
    plonges sans bouée dans le post surréalisme...et les cadavres exquis...j'en suis entourée...tout meure à côté de moi...depuis la rentrée...et tu demandes d'être collabo-ratrice. Tu vois suis plutôt Duchamp (bidet) et Man Ray (violon-celle)...
    Mais je me ferai un plaisir aux yeux larges à te-vous lire..car je rencontre de plus en plus de blogues qui, ma fois, me font penser que la littérature française n'est pas encore morte et qu'un regain de moisson fertilise les terres jachères. Je me conterai le plus "short" possible d'être une lectrice comment - actrice à la plume muette. En plus je ne trouve bientôt plus d'encre...et d'ancre.

    Posté par Sylvaine, 05 septembre 2008 à 18:08 | | Répondre
  • Arthur

    Un nez comme une aubergine, au milieu d'une face rubiconde, une démarche décousue, une voix bégayante et chancelante, Arthur marchait tant bien que mal, comme tous les matins, porté par un coma éthylique, en pointant un index prophétique sur les misères du monde et les passants. Il allait se finir comme à son habitude à la terrasse d'un café en refaisant le monde jusqu'à ce qu'il roule dans le caniveau...

    Posté par sandrine, 06 septembre 2008 à 09:26 | | Répondre
  • PS : tous les Arthur ne se ressemblent pas!
    L'ivrogne croisé, s'appelait vraiment ainsi et à sa manière, il était un peu zébré...

    Posté par sandrine, 06 septembre 2008 à 09:36 | | Répondre
  • repons

    Sandrine >> j'me sens pas visée du tout

    Annick >> très beau !

    Tidoigts >> et pourquoi tu participerais pas ?

    Sylvaine >> tu ne fais de portraits qu'argentique ? (plus d'encre ? c'est la plus mauvaise excuse que tu pouvais trouver ))

    re-Sandrine >> ben dis donc, mon idée t'a inspirée toi !

    re-re-Sandrine >> Arthur le zèbre il n'y a que les initiés (ils doivent être 3 dans ce bas monde) qui comprendront

    Posté par madamedekeravel, 06 septembre 2008 à 10:20 | | Répondre
  • Mais non !

    Chui un Ch'ti CHuisse...t'entends pas mon accent ! avec toi je désespère dois-je te causer avec un sourire ?

    Posté par Sylvaine Vaucher, 06 septembre 2008 à 14:04 | | Répondre
  • Elle avance la tête haute. De loin , on voit ses cheveux jaunes oxygène et son blouson Jonnhy. Un peu petite, un peu boulotte, elle avance très décidée.
    Pas un jour sans l'apercevoir dans la rue nationale, elle marche, va de la boulangerie au tabac puis du tabac à la mairie, et pousse jusqu'à la poste. Elle arpente la rue nationale, l'unique rue du village, elle entre partout ou quelqu'un répondra à son bonjour, demande un timbre, un formulaire, achète sa baguette par demie.
    Faut s'occuper quand on vit seule, et savoir trouver la compagnie.

    Posté par berthoise, 06 septembre 2008 à 14:49 | | Répondre
  • Evidemment j'ai rien d'intelligent à dire.

    (ça se saurait sinon)

    Mais au bout de cinq minutes passées à observer le portrait de la Joconde, je l'ai vue très subretissement... supbritéssement... oué bon, très fugitivement cligner des yeux.

    C'est normal ou je devrais consulter ?

    Posté par Yojik, 06 septembre 2008 à 16:46 | | Répondre
  • @ Yojik : tu devrais consulter. Mais pas que pour ça, hein...

    Ludivine
    Ludivine en voulait à sa mère. Pour le prénom, qui faisait trop bourge. Pour les vêtements, tous siglés du joueur de polo. Pour le collège privé. Qui la privait surtout de liberté. Pour son frère si immature alors qu'il avait quoi ? Un an de moins qu'elle. Ludivine en voulait à sa mère pour sa vie. Dans son ensemble. Pour son mal-être. Pour son malheur.
    Elle la suivait péniblement dans cet après-midi du premier week-end post-rentrée. Fournitures scolaires, nouvelles chaussettes... pfffttt...

    Posté par NicMo, 06 septembre 2008 à 18:40 | | Répondre
  • Chocolatine !!!

    Chocolatine, chocolatine, chocolatine...

    Lady Keravel, rien que pour ça, je t'aime !!!
    (oui, je suis un garçon facile, et alors ?)

    Posté par NicMo, 06 septembre 2008 à 18:43 | | Répondre
  • La première fois que je lus ce fast-portrait, je me dis : "Ma chère Madame, je voudrais bien vous obliger, mais voyez-vous, je ne donne pas dans le descriptif. Pas plus que dans le narratif."
    Et je me détournai d'un air hautain et déconfit à la fois (sais pas si c'est possible... Vais essayer de le refaire), en oubliant tout ça aussi vite sous la pile d'impératifs quotidiens à assumer.
    Mais voilà-t-y pas que deux jours plus tard, je reviens faire un tour chez la bonne dame, et je me rends compte que je viens de pondre, dans ma propre basse cour ... un portrait. Le premier de ma carrière, dites-donc !
    Z'auriez-pas essayé de m'hypnotiser à mon insu, avec votre Joconde à l'oeil mal ouvert ?

    Posté par Clarinesse, 06 septembre 2008 à 19:03 | | Répondre
  • Ouala, je reviens.

    Daniel.
    Toujours les mêmes gestes, les gants stériles, les aiguilles par 4 pour commencer, puis par 7 pour tout remplir. Préparer l'encre, poser le calque, refaire un peu pour affiner, et c'est parti. Deux heures de coloriage, encore. Tiens elle couine un peu la petite dame. Il pose la crème, donne les consignes pour les jours à venir, quitte ses gants et admire son ouvrage en épongeant les perles de sueur sur ses tempes.
    C'est un beau tatouage.

    Posté par feekabossee, 06 septembre 2008 à 19:21 | | Répondre
  • Superbe idée

    On peut encore participer ?

    Posté par Zoridae, 06 septembre 2008 à 23:05 | | Répondre
  • Noé
    La tête hirsute, les yeux rouges et écarquillés, la goutte encore au bout du nez, et de temps en temps la poitrine secouée par un reste de sanglot. Il ne veut pas oter son petit sac à dos rouge, Lapinoumou traîne au bout de son bras droit, sa main gauche est restée fermée sur l'odeur de celle de maman qui s'est envolée. C'est son premier jour de rentrée.

    Posté par tilu, 07 septembre 2008 à 00:05 | | Répondre
  • J'aime beaucoup le portrait de Berthoise.

    C'est vrai que quand l'on vit à la campagne, il faut savoir s'occuper et trouver de la compagnie.

    Je travaille dans une petite commune. Et je les vois ces personnes isolées, prendre leur temps de bavarder à la boulangerie, à la poste... c'est vrai que quand c'est à la poste, je piaffe (oh femme indigne) intérieurement parce que si j'y suis à la poste c'est que je bosse.. et que d'autres tâches m'attendent et que je n'ai pas de temps pour le bavardage.
    Et puis certains jours plus paisibles, j'attends patiemment et j'écoute les petites histoires qui se racontent entre la postière (que tout les gens du village appelle par son prénom) et ses clients.

    Posté par Annick, 07 septembre 2008 à 11:23 | | Répondre
  • Faire court

    Faire court, ce n'est pas nécessairement faire vite. A mon avis, c'est plutôt faire intense (Ce que vous réussissez d'ailleurs).

    Je ne prends conscience d'une vitesse de lecture que lorsque le contenu me barbe. je n'écris vite ou lentement que dans la mesure où ce que j'écris me barbe.

    Amitié.

    Posté par sancho, 07 septembre 2008 à 13:16 | | Répondre
  • Mustafa.

    L'air patibulaire, il avance tel un adolescent, ipod sur les oreilles. Pourtant, il a presque 35 ans et demain, il va passer son DUT technologique. Il est là parmi nous, dans notre entreprise depuis quelques mois et ces quelques allées et venues dans mon bureau m'ont largement attachées à lui. De ses origines, il en a démonté plus d'un. Parti dans la vie avec cet à priori racial, le voilà presque parvenu dans l'élite de son métier.
    Pourtant, l'âme rêveuse, toujours un peu à coté, je l'aurai préféré dans un rôle d'artiste poète devant sa feuille désespérement blanche. Adviennne que pourra, mon mustafa va devenir Ingénieur.

    Posté par kris, 07 septembre 2008 à 19:44 | | Répondre
  • Bonjour et bienvenue à tous les nouveaux !

    Vous avez vu que le nouveau site est ouvert ?
    www.fastportrait.canalblog.com

    Posté par madame de K, 08 septembre 2008 à 09:08 | | Répondre
  • bon, je me lance...

    Elle se tient agenouillée et toute enveloppée de noir, du bout des pieds jusqu'aux cheveux, les yeux baissés, privés de vie;
    seuls ses doigts maigres et blancs de froid dépassent comme surgis du mur.
    On dirait une pénitente.
    Aux coins des couloirs sombres, des rigoles insalubres, plus qu'une pièce, plus qu'un sourire,
    je donnerais bien de la lumière, à son regard et à sa vie.

    Posté par tidoigts, 10 septembre 2008 à 09:34 | | Répondre
  • merci !

    Posté par madame de K, 10 septembre 2008 à 11:23 | | Répondre
  • lent

    je risque d'être un peu long à la détente par rapport à certains mais tu l'auras ton fast-portrait, tu l'auras.

    Posté par choule[bnkr], 15 septembre 2008 à 19:02 | | Répondre
  • Je ne sais pas si un fast-portrait de couple va aussi...

    Norbert et Heinz

    Norbert et Heinz sont ensemble, ils s'aiment. Ils ne font que des petites choses anecdotiques l'un sans l'autre. L'essentiel de leur vie est tous les deux. Norbert est grave et réfléchi, Heinz est un enfant impulsif et rêveur qui virevolte et se cogne. Ils me racontent leurs voyages en fiancés secrets, le canapé art-déco du salon dont ils sont si fiers, les chats qui se chamaillent autour du fil de laine. Ils se taquinent parfois à propos de pincements au coeur qu'il faut oublier, ils se chérissent d'un regard doux comme un foulard de soie. 

    Posté par ambre, 15 novembre 2008 à 17:31 | | Répondre
  • Elle...

    Elle était appuyée contre un des piliers du préau. De grosses larmes coulaient le long de sa joue rougie qu'elle essuyait d'un revers de blouse. Je me suis approché d'elle et en souriant je lui ai dit: "Ben pourquoi tu pleures? Tu as perdu quelque chose?" Elle a levé les yeux sur moi et plantant son regard dans le mien comme deux baïonnettes aiguisées, en détachant très lentement chaque syllabe, elle m'a répondu:
    "Mon père est mort hier."

    Posté par chriscot, 31 mars 2009 à 11:11 | | Répondre
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