fast-portrait
J'ai une nouvelle idée ! (elle bouge pas beaucoup la mère de K, mais qu'est-ce qu'elle cogite !)
Je vais me mettre au goût du jour (non je ne vais pas m'acheter un i-phone !), en cette époque où tout va vite : manger, voyager, s'informer, grandir, je vais écrire vite. Enfin en réalité, il ne s'agit pas d'écrire vite mais de lire vite, c'est à dire d'écrire un texte très court.
Le but du truc, c'est de faire une collection de micro-portraits (j'ai déjà parlé de portrait là, remember ?). Je lance l'idée (bing, elle est retombée sur ton pied... sorry !) et si ça marche, c'est à dire si j'ai dans les commentaires au moins ... 4 on va dire 4 ! Donc si j'ai 4 propositions de micro-portrait dans les commentaires j'ouvrirai peut-être un nouveau blog dédié à l'exercice.
En passant je vous donne quelques nouvelles de mon autre projet : le Cadavreski (voir dans la colonne de droite). Ca marche du feu de Dieu ! On a collecté 17 textes sur 20, et les 3 qui manquent il n'est pas exclu qu'on les reçoive bientôt (j'espère !). Et une rencontre est programmée le 20 septembre. J'ai hâte de faire connaissance avec ceux que je ne connais pas encore !
Bon, mon micro-portrait :
Léa 
Elle s'arrête un peu pour regarder les nains dans la vitrine. Elle colle le bout de sa langue dans le trou qui est à la place de ses deux dents de devant et aspire. Ça fait le petit bruit de succion qu'elle aime tant. Elle touche la pièce dans la poche de son anorak pour se donner du courage et pousse la porte de la boulangerie en répètant dans sa tête "Une baguette pas trop cuite et une chocolatine s'il vous plaît".
à vos plumes !
Edit du 7 septembre :
Je l'avais dit, je le fais ! (toute ressemblance avec un nain, fût-il (futile) président, est absolument fortuite)
J'ai eu plus de 4 propositions dans ma page, donc je crée un nouveau blog :
www.fastportrait.canalblog.com
Pour ceux qui avaient déjà écrit un portrait dans les commentaires, je l’ai recopié (en corrigeant par-ci par-là quelques fautes d’orthographe, vous savez comment je suis…).
Je convie aussi les plasticiens à envoyer photographies, dessins, peintures, collages, sculptures etc. (sur le thème du portrait of course)
En avant pour de nouvelles aventures ! ! !
Commentaires sur fast-portrait
- Je suis venue hier, mais j'étais trop crevée pour comprendre le sens de ce billet ! J'ai dormi deux nuit en une et je me demandais si à tout hasard on pouvait poster plusieurs portraits parce que je dois prendre le bus et pas mal bouger ce week-end et je suis presque sûre qu'en rangeant cette idée dans un coin de ma tête et en m'armant d'un calepin et d'un crayon de bois, je vais en griffonner quelques uns... En tout cas, c'est une sacrée bonne idée !!

- Acta est fabula.Rome brûlait.

La nuit, d’ordinaire sombre à cette époque lunaire, rougeoyait au sud. Des hautes flammes semblaient lécher l’au-delà. « Les Dieux peuvent enfin goûter aux joies de l’enfer », pensait Néron. Confortablement installé au sommet du Quirinal, l’Imperator jouissait du paradoxe. Il en était fier, c’était son œuvre.
Saisissant sa lyre, il entonna aussitôt :
« Du Dieu Vulcain, quand l’épouse friponne, … » - Le texte de la pause déjeuner...Ursuline était une pimbêche au teint plâtreux qui traversait la vie à petits pas frustrés, arborant un air et un chignon crispé. De sa bouche pincée ne sortait que des phrases hautes perchées, incisives comme le couperet d'un échafaud.A chaque parole prononcée, une tête vacillait, tombait et roulait six pieds sous terre. Lorsque je la croisais, je ne pouvais m'empêcher d'être interloquée : comment diantre pouvait-elle voir de si frêles fétus de paille dans le premier regard venu en ayant une poutre digne d'une demeure gargantuesque, plantée dans chaque œil ?

- Un princeNon pas un prince charmant. Un prince roulant.

Sur un fauteuil qu'il ne quitte que la nuit pour dormir. Du haut de son fauteuil, de ses yeux verts charmeurs et de sa bouche fine, il distribue des sourires aux femmes qu'ils rencontrent. Et toutes de lui répondre, et toutes d'avoir envie de le suivre. Et lui de faire le difficile. Non celle-ci pas assez, celle-ci beaucoup trop. Et lui trop exigeant. Alors il allume les phares de son fauteuil, il roule dans la nuit et s'en va rêver à son inaccessible étoile. - Suis pas stakhanovisteJ'étais perdue dans un Lacrymosa...qui avait plutôt un goût de Dies Illa...et voilà maintenant de tu me

plonges sans bouée dans le post surréalisme...et les cadavres exquis...j'en suis entourée...tout meure à côté de moi...depuis la rentrée...et tu demandes d'être collabo-ratrice. Tu vois suis plutôt Duchamp (bidet) et Man Ray (violon-celle)...
Mais je me ferai un plaisir aux yeux larges à te-vous lire..car je rencontre de plus en plus de blogues qui, ma fois, me font penser que la littérature française n'est pas encore morte et qu'un regain de moisson fertilise les terres jachères. Je me conterai le plus "short" possible d'être une lectrice comment - actrice à la plume muette. En plus je ne trouve bientôt plus d'encre...et d'ancre. - ArthurUn nez comme une aubergine, au milieu d'une face rubiconde, une démarche décousue, une voix bégayante et chancelante, Arthur marchait tant bien que mal, comme tous les matins, porté par un coma éthylique, en pointant un index prophétique sur les misères du monde et les passants. Il allait se finir comme à son habitude à la terrasse d'un café en refaisant le monde jusqu'à ce qu'il roule dans le caniveau...

- reponsSandrine >> j'me sens pas visée du tout

Annick >> très beau !
Tidoigts >> et pourquoi tu participerais pas ?
Sylvaine >> tu ne fais de portraits qu'argentique ? (plus d'encre ? c'est la plus mauvaise excuse que tu pouvais trouver
))
re-Sandrine >> ben dis donc, mon idée t'a inspirée toi !
re-re-Sandrine >> Arthur le zèbre
il n'y a que les initiés (ils doivent être 3 dans ce bas monde) qui comprendront
- Elle avance la tête haute. De loin , on voit ses cheveux jaunes oxygène et son blouson Jonnhy. Un peu petite, un peu boulotte, elle avance très décidée.

Pas un jour sans l'apercevoir dans la rue nationale, elle marche, va de la boulangerie au tabac puis du tabac à la mairie, et pousse jusqu'à la poste. Elle arpente la rue nationale, l'unique rue du village, elle entre partout ou quelqu'un répondra à son bonjour, demande un timbre, un formulaire, achète sa baguette par demie.
Faut s'occuper quand on vit seule, et savoir trouver la compagnie. - @ Yojik : tu devrais consulter. Mais pas que pour ça, hein...

Ludivine
Ludivine en voulait à sa mère. Pour le prénom, qui faisait trop bourge. Pour les vêtements, tous siglés du joueur de polo. Pour le collège privé. Qui la privait surtout de liberté. Pour son frère si immature alors qu'il avait quoi ? Un an de moins qu'elle. Ludivine en voulait à sa mère pour sa vie. Dans son ensemble. Pour son mal-être. Pour son malheur.
Elle la suivait péniblement dans cet après-midi du premier week-end post-rentrée. Fournitures scolaires, nouvelles chaussettes... pfffttt... - La première fois que je lus ce fast-portrait, je me dis : "Ma chère Madame, je voudrais bien vous obliger, mais voyez-vous, je ne donne pas dans le descriptif. Pas plus que dans le narratif."

Et je me détournai d'un air hautain et déconfit à la fois (sais pas si c'est possible... Vais essayer de le refaire), en oubliant tout ça aussi vite sous la pile d'impératifs quotidiens à assumer.
Mais voilà-t-y pas que deux jours plus tard, je reviens faire un tour chez la bonne dame, et je me rends compte que je viens de pondre, dans ma propre basse cour ... un portrait. Le premier de ma carrière, dites-donc !
Z'auriez-pas essayé de m'hypnotiser à mon insu, avec votre Joconde à l'oeil mal ouvert ? - Ouala, je reviens.Daniel.

Toujours les mêmes gestes, les gants stériles, les aiguilles par 4 pour commencer, puis par 7 pour tout remplir. Préparer l'encre, poser le calque, refaire un peu pour affiner, et c'est parti. Deux heures de coloriage, encore. Tiens elle couine un peu la petite dame. Il pose la crème, donne les consignes pour les jours à venir, quitte ses gants et admire son ouvrage en épongeant les perles de sueur sur ses tempes.
C'est un beau tatouage. - Noé

La tête hirsute, les yeux rouges et écarquillés, la goutte encore au bout du nez, et de temps en temps la poitrine secouée par un reste de sanglot. Il ne veut pas oter son petit sac à dos rouge, Lapinoumou traîne au bout de son bras droit, sa main gauche est restée fermée sur l'odeur de celle de maman qui s'est envolée. C'est son premier jour de rentrée. - J'aime beaucoup le portrait de Berthoise.

C'est vrai que quand l'on vit à la campagne, il faut savoir s'occuper et trouver de la compagnie.
Je travaille dans une petite commune. Et je les vois ces personnes isolées, prendre leur temps de bavarder à la boulangerie, à la poste... c'est vrai que quand c'est à la poste, je piaffe (oh femme indigne) intérieurement parce que si j'y suis à la poste c'est que je bosse.. et que d'autres tâches m'attendent et que je n'ai pas de temps pour le bavardage.
Et puis certains jours plus paisibles, j'attends patiemment et j'écoute les petites histoires qui se racontent entre la postière (que tout les gens du village appelle par son prénom) et ses clients. - Faire courtFaire court, ce n'est pas nécessairement faire vite. A mon avis, c'est plutôt faire intense (Ce que vous réussissez d'ailleurs).

Je ne prends conscience d'une vitesse de lecture que lorsque le contenu me barbe. je n'écris vite ou lentement que dans la mesure où ce que j'écris me barbe.
Amitié. - Mustafa.

L'air patibulaire, il avance tel un adolescent, ipod sur les oreilles. Pourtant, il a presque 35 ans et demain, il va passer son DUT technologique. Il est là parmi nous, dans notre entreprise depuis quelques mois et ces quelques allées et venues dans mon bureau m'ont largement attachées à lui. De ses origines, il en a démonté plus d'un. Parti dans la vie avec cet à priori racial, le voilà presque parvenu dans l'élite de son métier.
Pourtant, l'âme rêveuse, toujours un peu à coté, je l'aurai préféré dans un rôle d'artiste poète devant sa feuille désespérement blanche. Adviennne que pourra, mon mustafa va devenir Ingénieur. - bon, je me lance...Elle se tient agenouillée et toute enveloppée de noir, du bout des pieds jusqu'aux cheveux, les yeux baissés, privés de vie;

seuls ses doigts maigres et blancs de froid dépassent comme surgis du mur.
On dirait une pénitente.
Aux coins des couloirs sombres, des rigoles insalubres, plus qu'une pièce, plus qu'un sourire,
je donnerais bien de la lumière, à son regard et à sa vie. - Je ne sais pas si un fast-portrait de couple va aussi...

Norbert et Heinz
Norbert et Heinz sont ensemble, ils s'aiment. Ils ne font que des petites choses anecdotiques l'un sans l'autre. L'essentiel de leur vie est tous les deux. Norbert est grave et réfléchi, Heinz est un enfant impulsif et rêveur qui virevolte et se cogne. Ils me racontent leurs voyages en fiancés secrets, le canapé art-déco du salon dont ils sont si fiers, les chats qui se chamaillent autour du fil de laine. Ils se taquinent parfois à propos de pincements au coeur qu'il faut oublier, ils se chérissent d'un regard doux comme un foulard de soie. - Elle...Elle était appuyée contre un des piliers du préau. De grosses larmes coulaient le long de sa joue rougie qu'elle essuyait d'un revers de blouse. Je me suis approché d'elle et en souriant je lui ai dit: "Ben pourquoi tu pleures? Tu as perdu quelque chose?" Elle a levé les yeux sur moi et plantant son regard dans le mien comme deux baïonnettes aiguisées, en détachant très lentement chaque syllabe, elle m'a répondu:

"Mon père est mort hier."


















Il s'invente des histoires où ses crayons sont des héros qui s'entrechoquent, s'envolent et se parlent avant de jouer à cache-cache dans sa trousse.
Ses yeux roulent dans leurs orbites quand la maîtresse stoppe son jeu et lui demande de prendre la suite de la lecture.
"- On en est où ?", demande-t-il avec un air perdu.
***
Bien évidemment, tout rapport avec des personnages existant ou ayant existé au sein de ma classe serait un pur hasard !!!
;-p