onc maintenant que tu connais le contexte, tu es à même de goûter toute la saveur des textes qui suivent.

Lettre II de Héloïse à Abelard
Où l'on voit que oui, ma pauvre chérie, les mecs sont tous les mêmes : ce qu'ils veulent c'est niquer, un point c'est tout !

(...) Dis moi seulement, si tu le peux, pourquoi, depuis notre conversion monastique, que tu as seulpaon décidée, tu m'as laissée avec tant de négligence tomber en oubli ; pourquoi tu m'as refusé la joie de tes entrevues, la consolation de tes lettres. Dis‑le, si tu le peux, ou bien je dirai, moi, ce que je crois savoir, ce que tous soupçonnent ! C'est la concupiscence, plus qu'une affection véritable, qui t'a lié à moi, le goût du plaisir plutôt que l'amour. Du jour où ces voluptés te furent ravies, toutes les tendresses qu'elles t'avaient inspirées s'évanouirent (...)
Au nom de Dieu même à qui tu t'es consacré, je te conjure de me rendre ta présence, dans la mesure où cela t'est possible, en m'envoyant quelques mots de consolation. Fais-le du moins pour que, nantie de ce réconfort, je puisse vaquer avec plus de zèle au service divin ! Quand jadis tu m'appelais à des plaisirs temporels, tu m’accablais de lettres (...) Ne serait‑il pas plus juste de m'exciter aujourd'hui à l'amour de Dieu, que de l’avoir fait jadis à l'amour du plaisir ! Considère, je t'en supplie, la dette que tu as envers moi ; prête l'oreille à ma demande. Je termine d'un mot cette longue lettre : adieu, mon unique.

Lettre III de Abélard à Héloïse
pinocchioOù l'on voit que les mecs sont quand même des baratineurs de première, et cela dès le XIIe siècle !

(...) Depuis que nous avons abandonné le siècle pour nous réfugier en Dieu, il est vrai que je ne t'ai encore écrit ni pour consoler ta douleur ni pour t'exhorter au bien. Pourtant, ce mutisme n'est pas dû à la négligence, mais à la très grande confiance que j'ai en ta sagesse. Je n'ai pas cru que de tels secours te fussent nécessaires : la grâce divine te comble en effet avec tant d'abondance (...)

Lettre IV de Héloïse à Abélard
Où l'on voit que cette pauvre Héloïse est grave en manque ... (ça me fait penser à Thérèse)

Je voudrais faire une digne pénitence de ma faute (...) Comment peut‑on en effet parler de pénitence pour les péchés, quel que soit le traitement infligé au corps, si l'esprit garde encore la volonté de pécher et brûle de ses anciens désirs ? (...) D'autant que ces voluptés chères aux amants que nous avonsrodin - torse d'Adèle goûtées ensemble me furent douces et que je ne peux ni les détester, ni les chasser de ma mémoire. Où que je me tourne, elles s'imposent à mes yeux avec les désirs qui les accompagnent. Même quand je dors elles ne m'épargnent pas leurs illusions. En pleine solennité de la messe, lorsque la prière doit être plus pure, les représentations obscènes de ces voluptés captivent totalement mon âme si bien que je m'abandonne plus à ces turpitudes qu'à la prière. Alors que je devrais gémir des fautes commises, je soupire plutôt après les plaisirs perdus. Non seulement les actes réalisés, mais aussi les lieux et les moments où je les ai vécus avec toi sont à ce point fixés dans mon esprit que je refais tout avec toi dans les mêmes circonstances, et même dans mon sommeil ils ne me laissent pas en paix (...) Or, dans toute ma vie, Dieu le sait, c'est toi plus que Dieu que je crains d'offenser, à toi plus qu'à Lui que je désire plaire. C'est ton ordre qui m'a entraînée à prendre l'habit religieux, et non l'amour de Dieu. Vois quelle vie malheureuse et plus misérable que tout je mènerai si j'ai affronté cela en vain, alors que je n'ai rien à attendre comme récompense après ma mort. Longtemps ma dissimulation t'a trompé, comme beaucoup d'autres, et tu as pris mon hypocrisie pour de la piété (...)

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