auster                 duchampCouv

Le premier livre, je suis en train de le lire. Le deuxième, je t'en ai déjà parlé, tu t'en rappelles ? Quand j'ai vu la couverture du livre de Paul Auster, je me suis dit "J'ai déjà vu cette photo quelque part !...". Mais j'ai mis un bout de temps à trouver où ! Ensuite je suis arrivée à la page ou Paul Auster parle de cette photographie :

Le livre "L'invention de la solitude" est constitué de deux longues nouvelles "Portrait de l'homme invisible" et "The book of memory". Dans "Portrait de l'homme invisible", le narrateur nous parle de son père qui vient de mourir. Il a vidé sa maison et trouvé un paquet de vieilles photos. C'est cet extrait qui explique le titre de la nouvelle. La traduction est de moi, je réclame votre indulgence ...

From a bag of loose pictures : a trick photograph taken in an Atlantic City studio sometime during the Forties. There are several of him sitting around a table, each image shot from a different angle, so that at first you think it must be a group of several different men. Because of the gloom that surrounds them, because of the utter stillness of their poses, it looks as if they have gathered there to conduct a seance. And then, as you study the picture, you begin to realize that all these men are the same man. The seance becomes a real seance, and it is as if he has come there only to invoke himself, to bring himself back from the dead, as if, by multiplying himself, he had inadvertantly made himself disappear.
There are five of him there, and yet the nature of the trick photography denies the possibility of eye contact among the various selves. Each one is condemned to go on staring into space, as if under the gaze of the others, but seeing nothing, never able to see anything. It is a picture of death, a portrait of an invisible man.

Dans un paquet de photographies en vrac : une photo truquée prise dans un studio d'Atlantic City dans les années 40. Il y a plusieurs lui assis autour d'une table, chaque image prise d'un angle différent, si bien qu'au début on pense qu'il s'agit d'un groupe de plusieurs hommes. A cause de l'obscurité qui les entoure, à cause de l'absolue immobilité de leurs poses, on dirait qu'ils sont rassemblés pour une séance de spiritisme. Et puis en examinant la photo, on se rend compte que tous ces hommes n'en sont qu'un. La séance de spiritisme devient une vraie séance, et c'est comme si il était venu là pour s'invoquer lui-même, pour revenir d'entre les morts, comme si, en se multipliant, il s'était fait disparaître par inadvertance. Il y a cinq lui ici, et le trucage photographique les empêche de s'entre-regarder. Chacun est condamné à fixer le vide, comme sous le regard des autres, mais ne voyant rien, ne pouvant rien voir. C'est une image de mort, le portrait d'un homme invisible.

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Je me suis dit alors que la photographie de Duchamp était un de ces "ready-made", une oeuvre d'art qui n'est rien d'autre qu'un objet de la vie courante, et j'ai voulu en savoir plus sur ces portrait multiplié par cinq qu'on prenant dans les foires aux Etats-Unis au début du 20e siècle.

J'ai fait plusieurs recherches dans gougueule, dont une sur le mot "cinq" et j'ai trouvé plein de trucs : "le club des cinq" (qui m'ont fait frissonner dans mon lit quand j'avais dix ans), "cinq" mot intéressant au scabble si on a un Q et pas de U (avec coq), cinq sens, cinq éléments, pentagone, cinq semaines en ballon, cinq-à-sept, Cinq-Mars, les cinq piliers de l'Islam, une équipe de basketball, le pyjama de Marilyn (5 de Chanel)

Cinq Poissons - Nicolas Vial
Hommage à une Sardine blogueuse

Mais aucune explication sur mes penta-portraits ... suite au prochain numéro !