la-minute-encyclopédique

pensée du jour, écrits et images

31 mars 2007

blog

Tu sais ce que c'est qu'un blog hein ? (Ben ouais puisque t'es là ...). Mais d'où vient ce mot, tu le sais ? Partons sur la piste de son étymologie :

blog est un mot valise, contraction de weblog. Et weblog vient lui même de web et de log (fastoche !).logbook

Le log c'est le journal de bord des capitaines de la marine ou de l'aéronautique.

Mais log c'est d'abord une bûche en anglais. Parce que les marins mesuraient la vitesse en lâchant à la poupe du navire une bûche attachée à une corde (mais enfin, tu ne sais pas qu'on ne dit pas corde sur un bateau !) à noeuds (rien à voir avec une tête de noeud). Et on mesurait la vitesse du navire en comptant le nombre de noeuds dévidés pendant le temps d'écoulement d'un sablier (30 s). D'où le nom de l'unité de vitesse des marins : le noeud. Et d'où le nom de la corde : ligne de loch (loch = log). D'où le nom enfin du journal de bord du capitaine : le log book, où le capitaine note tous les jours, entre autres, la oui, c'est vrai, il a un tout petit zizivitesse du navire.

Et ça m'a fait penser à ça :
It's been a hard day's night,                       
And I've been working like a dog,
It's been a hard day's night,
I should be sleeping like a log

Il faut quand même que je te raconte ce que j'ai trouvé en cherchant "corde à noeuds" danscorde à 13 Noeuds gougueule (pour trouver une illustration pour cette page). Si tu prends une corde, que tu fais 13 noeuds à égale distance et que tu enroules cette corde autour de 3 pieux (ou 3 clous) tu as fabriqué une équerre. On dit que les égyptiens se servaient de cet outil pour construire les pyramides. Est-ce vrai ? En tout cas, les maçons du moyen-âge l'utilisaient, et certains maçons l'utilisent encore de nos jours.

Pourquoi est-ce une équerre ? Je ne te ferai pas l'injure de t'expliquer ... Si ? Bon alors vite fait (Et tu verras que les maths c'est beau). Mais d'abord on révise le programme de math de 4e : le théorème de Pythagore.

Si ABC est un triangle rectangle en A (et a, b et c sont les mesures des côtés) alors : a2 = b2 + c2

Et la réciproque du théorème de Pythagore : si a2 = b2 + c2 alors le triangle est rectangle en A.

(je te parlerai de la contraposée du théorème de Pythagore une autre fois, je sens que tu commences à fatiguer ...)

Donc revenons à notre corde à noeuds. Compte le nombre de noeuds (ou plus exactement le nombre d'espaces inter-noeuds) par côté du triangle : pyramide du Louvre
32 + 42 = 9 + 16 = 25 = 52 donc le triangle est rectangle (réciproque du théorème de Pythagore).

Avec cette corde à 13 noeuds, on peut aussi tracer un carré, un triangle isocèle, un triangle équilatéral (donc un angle de 60°). On peut aussi utiliser un "six-huit-dix". Et là je t'explique pas pourquoi, tu cherches !

Du coup j'étais bien emmbêtée pour choisir une catégorie pour cette page !... Au début j'étais partie sur "avec la langue" puisqu'on parlais d'étymologie, mais je vais plutôt choisir "mathématikart", parce que les maths c'est beau !

Posté par madamedekeravel à 12:23 - mathématikart - Commentaires [24] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 mars 2007

anti anti-manuel

Je t'avais dit que je te parlerais un par un de tous les livres que j'avais lu (ou pas lus ;-) pour le le prix essai France Télévision 2007.

Je commence par ce livre, "Antimanuel d'économie" de Bernard Maris, car il a l'air d'intéresser pas mal de monde. Mais autant te le dire tout de suite : je ne l'ai pas aimé du tout ! Pourtant quand j'ai reçu les livres, celui-ci m'avait tapé dans l'oeil : mise en page colorée, nombreuses illustrations (dont une de Hundertwasser que j'adore), 4e de couverture alléchante :

Voici venue la revanche des cigales ! Et si l'inutile, la gratuité, le don, l'insouciance, le plaisir, la recherche désintéressée, la poésie, la création hasardeuse engendraient de la valeur ? Et si les marchands dépendaient - ô combien ! - des poètes ? Et si la fourmi n'était rien sans la cigale ? Voici venu le temps d'affirmer, contre les économistes, que l'inutile crée de l'utilité, que la gratuité crée de la richesse, que l'intérêt ne peut exister sans le désintéressement.

Malheureusement, arrivée à la page 105, je ne sais toujours pas où il veut en venir. Je ne vois pas non plus le rapport entre la 4e de couverture et le contenu du livre.
Je suis incapable de résumer un chapitre, on a l’impression que l’auteur suit le fil de sa pensée sans plan et sans objectif. Dans le même chapitre, il dit une chose et son contraire :

P 92 : En occident, le christianisme est le capitalisme. En France, la majorité des entrepreneurs du CAC40 confessent volontiers leur foi chrétienne.
P 93 : Et puis, last but not least, il est probable qu’une bonne partie des capitalistes du monde entier soit agnostique ou athée.

cigale

P 97 : Au contraire, les musulmans forment une communauté où vérité religieuse et pouvoir politique se confondent.
P 98 : Il ne faut pourtant pas exagérer la confusion entre le religieux et le séculier dans les pays islamiques. (…) L’unité du politique et du religieux est un mythe que contredit l’histoire des musulmans.

P 97 : Certes, l’ancienne société européenne a connu la confusion de religieux et de l’ économique (à travers les corporations notamment), mais elle a toujours ignoré celle du religieux et du politique.
Ah oui !? Et la monarchie de droit divin ? et les armées du pape ? et les guerres de religion ?bordel

Et je ne suis pas la seule à le critiquer apparemment (va voir ). Mais beaucoup le défendent aussi, par exemple , mais aussi lors des délibérations du jury, car ce livre est arrivé deuxième. Et apparemment ses défenseurs n'ont pas été séduits que par la mise en page fun ... Il parait qu'il (Maris) défend une économie plus juste, une façon de sauver le monde, il est donné comme alter-mondialiste et écolo. Pour moi en tout cas il n'est pas écrivain ! Je ne sais pas à quoi ressemble son bureau, je ne sais pas à quoi ressemble l'intérieur de sa tête ? Mais moi, pour me convaincre, il me faut une argumentation structurée, pas des belles images.

Posté par madamedekeravel à 18:51 - Mme de K critique littéraire - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 mars 2007

jour J

salonLivreAujourd'hui grand début de Mme de Keravel dans son nouveau métier de critique littéraire (mais peut-on parler de métier quand on fait une chose une seule fois et qu'on n'est pas payé pour ?) : j'ai participé au jury du prix littéraire "essai" de France Télévision 2007.

Et je t'annonce les résultats en avant première ! (ils ne sont pas encore publiés sur le site France Télévision ...)

1 - Le verbe contre la barbarie - de Alain Bentolila – O. Jacob

bentolila

2 - Antimanuel d’économie - de Bernard Maris - Bréal
3 - Marcel Duchamp - de Judith Housez – Grasset
4 - Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? - de Pierre Bayard- Minuit
5 - L’art de raconter - de Dominique Fernandez – Grasset
6 - Une brève histoire de l’avenir - de Jacques Attali – Fayard

non, ce n'est pas l'intimité de M. et Mme de Keravel, mais une image du film 'la vie d'un lecteur au temps de la fin du livre' Je ne t'en ai pas parlé avant à cause du devoir de réserve ... (marie Pierre dirait que je me la pète) mais maintenant je vais tout déballer : comment j'ai été sélectionnée (j'en reviens toujours pas ! j'ai envoyé une lettre de candidature, et hop !), comment je n'ai pas lu les livres sur lesquels je devais porter un jugement (j'ai commencé par lire "Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ?" et ça m'a complètement déculpabilisée). En vérité, je n'ai fini aucun de ces livres, c'est vrai, mais j'ai lu de chacun suffisamment pour me faire une idée argumentée. Il faut dire à ma décharge que nous n'avions que cinq semaines pour lire six livres, dont certains faisaient 500 ou 600 pages !

Puisque tu insistes (ah bon t'insistes pas ?...) je te parlerai plus longuement de chacun des livres une (des) prochaine fois. Là faut que j'aille me reposer, la gloire ça fatigue !

Posté par madamedekeravel à 18:32 - Mme de K critique littéraire - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 mars 2007

Liberalia

blanc
Quand je serai présidente de la République, ou reine du monde peut-être, je supprimerai la fête de Noël, qui ne fête rien de très important (fête de la naissance d'un imposteur qui a aidé les romains à maintenir leur joug sur leurs esclaves, ou fête du commerce).

Je reviendrai à une coutume antique, païenne, exotique. Et je remplacerai Noël par la fête du printemps. Ca c'est une vraie belle chose à fêter, qui rend le coeur léger.

blanc

Liber : dieu étrusque, équivalent du Bacchus latin ou du Dyonisos grec.
Les Liberalia étaient chez les romains la fête du printemps (le 17 mars) (et non pas la fête de Laurence Paris°t).

Posté par madamedekeravel à 07:51 - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 mars 2007

ce que mon blog aurait pu être si j'avais voulu écrire un journal extime

telephoneCe matin j’ai été réveillée par la sonnerie de mon portable, à 7h 30 ! un dimanche !! Et le temps que je tâtonne aux quatre coins de la chambre l’œil hagard et la mèche en bataille pour trouver ce *x !{# de téléphone, évidemment il avait arrêté de sonner.

Tu t’es jamais demandé pourquoi les français, peuple arrogant et rebelle (au paiement des impôts coqsurtout), avait choisi comme emblème un coq, gallinacé ridicule, à l’œil clignotant aussi expressif qu’une punaise et à la crête tremblotante ?
Et si tu trouves que le téléphone qui sonne n’a qu’un rapport très lointain avec le coq, certes ! mais il s’agit d’une sorte d’écriture automatique, telle que la pratiquaient les surréalistes (rien que ça …).

coqOeil

Je consulte la boîte vocale : pas de message. Je me rendors à moitié, et 5 mn après «bip» : un sms. Je vous le livre texto (ah ah) « faut que je te parle de Graziella, c’est serieux Appelle moi Jean-Pierre ».

Ce n’est pas une blague de M* ou A*. D’abord il y a peu de chance que l’une ou l’autre soit réveillée à bisoucette heure-ci. Ensuite, si l’une ou l’autre avait été l’auteur de ce message cela aurait ressemblé à : « fo ke je te parl de Grzl appel moi xXbeeesoooXx ». Et puisqu’on en parle, moi le langage texto ne me gène pas, dans les textos. Et je pense que les djeunz intelligents et cultivés peuvent avoir divers niveaux de langage. Là où ça devient un problème c’est si il y a le langage texto et rien d’autre.

katmandou

Du coup me voilà très inquiète. Qu’est-ce qu’elle a bien pu lui faire Graziella ? Est-ce qu’elle l’a quitté pour François ? Est-ce qu’elle a posé une année sabbatique pour aller à Katmandou en stop ? Est-ce que le bouton qu’elle avait depuis trois jours sur le nez est en réalité un bubon pesteux ?

pierreEt puisqu’on s’autorise l’écriture automatique, faut que je te dise aussi un truc qui me tracasse. Que monsieur de Keravel ne veuille pas rallumer le chauffage, passe encore, mais que si j’ai froid il m’oblige à porter le pull tricoté par son ex, celui qui s’apparente à une serpillière, aussi bien par la couleur, la forme ou l’élégance de l’allure, là non ! Y’a de l’abus !

Mais ce qui m’inquiète le plus en fait, c’est que je ne connais pas de Jean-Pierre, ni de Graziella !...

Enfin si, je connais un Jean-Pierre, depuis peu, son pseudo est L*l*, mais il ne connaît pas mon numéro de portable.

Posté par madamedekeravel à 17:32 - humeur - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 mars 2007

yaourt

bergamoteEn écrivant une bêtise pour le blog de mademoiselle Pepina, j'ai trébuché sur un mot d'origine turque. Et tu peux chercher, des mots français d'origine turque y'en a pas des masses, mais y'en a ! Et c'est drôle les coïncidences parce que j'ai appris hier soir que le jeune T (un de mes petits voisins) parle couramment le turc.

Or donc me voilà partie à la recherche, non pas du temps perdu, mais des mots français d'origine turque : bergamote (mmmm les bergamotes de Nancy !), bey, cafetan, chacal, chagrin, colback, cravache, divan, kiosque, odalisque, ottomane, salamalec, sorbet, tulipe, turban, turquoise, vampire. (liste complète).

Et là je trébuche encore ! Chagrin ? ! ... D'origine turque ! Oui mais pas le chagrin qui fait les belles chagrinmélancoliques. Il s'agit du chagrin qui sert à faire les portefeuilles ou les reliures : espèce de cuir grenu, préparé avec la peau de la croupe du mulet, de l'âne ou du cheval. Ce chagrin là vient du turc chagrin en turc.

Et la peau de chagrin me diras-tu (très bonne intervention !) ? C'est une peau d'onagre, qui a la particularité d'exaucer tous les souhaits de son propriétaire, mais de rétrécir à chaque fois qu'un souhait se réalise, diminuant d'autant l'espérance de vie de son propriétaire. Cette histoire est celle de "La peau de chagrin", roman écrit par Balzac en 1831.

Et l'onagre ? me diras-tu (mais là tu commences un peu à me fatiguer...) : onagre = hemione = âne sauvage. Comme musique, il me fallait absolument Saint Saens - Le carnaval des animaux - Hemione. Je n'ai pas trouvé la musique, je te mets une video (pardon pour ceux, il y en a encore, mais oui ma brave dame, qui n'ont pas le haut débit) :

Si j'ai lu ce livre (La peau de chagrin) ? Non mais de quoi je me mèle ? ! Par contre je livresuis en train de lire un livre assez rigolo (mais de parti-pris ...) qui s'intitule : "Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ?" par Pierre Bayard. Seulement, ne le dis pas aux lecteurs de mon blog, ils pourraient croire que je les baratine.

Et le plus drôle dans tout ça (ah bon, c'est pas drôle ?) c'est que mon mot de départ, yaourt, n'est pas dans la liste !... Il semblerait que yaourt vienne du bulgare jaurt (ben ouais, yaourt bulgare !), mais p'tet bien en passant par la Turquie ?
Et en cherchant yaourt dans gougueule, je tombe sur le blog de Posuto ! Le monde bloguesque est petit non ?

Posté par madamedekeravel à 15:36 - avec la langue - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 mars 2007

météo

.Averse

.

E mis Meurs glao hag avel foll
A rai lakat evez d’ann holl.

.

Au mois de mars pluie et vent fou :
Sur nos gardes tenons-nous tous.

(peinture : Paul Sérusier - l'averse)

Posté par madamedekeravel à 07:45 - humeur - Commentaires [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 mars 2007

Formosa


(Formosa - collection personnelle - droits réservés)

Comme chaque mercredi quand il fait beau, j’ai pris mon vélo et je suis allé sur la digue du break. Mes copains sont tous partis au foot, mais moi le foot j’aime pas trop ça, ou alors dans les buts, pour avoir le temps de penser à autre chose. J’ai d’abord traversé le port. Port de plaisance, avec tous ces petits voiliers balançant les uns contre les autres, comme des mouettes qui se reposent sur l’eau. Port de commerce avec des rails luisants qui traversent la route sans crier gare (il fait faire attention de ne pas glisser dessus en vélo) et ses piles de containers de toutes les couleurs. J’aime lire les inscriptions en passant, un vrai tour du monde. L’odeur de gasoil se mêle à l’odeur de marée, les goélands criaillent en glissant entre les élingues, un bruit de machine, sourd et régulier comme un cœur mécanique, bat la mesure d’on ne sait où. Une fois passée l’écluse Charles de Gaulle, on quitte le port pour se retrouver en pleine nature, enfin du côté gauche au moins, parce que du côté droit, c’est le quai minéralier, et derrière l’aciérie. Mais à gauche c’est la dune, couronnée d’herbes penchées par le vent, le vent qui siffle sans arrêt à tes oreilles. Si tu montes en haut de la dune, tu te retrouves face à l’immensité grise et bleue de la mer du Nord, et là le vent tu le prends comme une gifle. Si tu essaies de crier face à la mer, il refait rentrer ton cri dans ta gorge, comme un bâillon. Je repasse de l’autre côté de la dune, et je m’assois à l’abri. Quand le vent cesse, le petit soleil d’avril chauffe ta peau comme un grand soleil de juillet. J’observe le quai en face de moi, le ballet des ponts roulants qui déchargent le minéralier. Je plisse les yeux, le soleil nimbe les hauts-fourneaux comme une auréole. Je laisse mon esprit divaguer comme un cerf-volant qui danse au bout de son fil.

Formose, fourmi. Une fourmi de dix-huit mètres, je me rappelle du poème appris à la petite école, qu’on récitait en chantonnant. Et je la vois la fourmi, immense, sa carapace comme une armure, noire et brillante ; ses pattes font des cliquetis métalliques quand elle marche. Elle me fait un clin d’œil et je comprends qu’elle m’invite à monter sur son dos. De là haut je suis le maître du monde, je me sens puissant et je ris tout seul.

Formose, métamorphose. La fourmi se métamorphose en catamaran, un bateau fin et blanc, brillant dans le soleil. Le vent fait une jolie musique en faisant claquer les voiles quand je vire de bord et en clique-cliquant les drisses métalliques contre le mat. La proue des flotteurs pénètre comme sans effort dans les vagues en faisant éclater des gerbes de gouttes irisées. Je suis libre, je suis un oiseau, je vole.

Formose, formol. C’est moi à l’école, un fœtus dans un bocal de formol, comme ceux que j’ai vus au muséum d’histoire naturelle, un truc vaguement écoeurant mais fascinant, dont on ne peut détacher ses yeux. Je ne pourrai pas partir sur le catamaran blanc. Je ne pourrai pas partir sur le minéralier Formose, dans la mer de Chine, la pipe au bec, les yeux scrutant l’horizon à la recherche des souvenirs que je dois aller chercher dans les ports exotiques. Il faut que je rentre et que je fasse mes devoirs. Mais un jour, c’est moi qui serai à la passerelle du Formose pour surveiller le déchargement.

Posté par madamedekeravel à 17:10 - histoire - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 mars 2007

Didon et Enée

Spéciale dédicace à monsieur de Keravel, qui croyait qu'il n'aimait pas Purcell (Henri Purcell, 1659-1695), mais qui a bien voulu m'accompagner quand même à l'opéra de Massy voir une répétition de Didon et Enée par la maîtrise des Hauts de Seine.

Spéciale dédicace aussi à madame musique (entre madames on se comprend) qui m'y a fait repenser et chez qui j'ai piqué les références de cette vidéo.

La vidéo en soi n'a rien d'exceptionnel (donc tu peux continuer à lire en écoutant seulement), mais la musique est renversante ! (si si, écoute ! oublie tes préjugés sur l'opéra baroque et laisse toi faire !)

Didon et Enée - Mosaique de la villa romaine de Low Ham, GB, 4e siècleL'histoire : Didon, reine de Carthage, en pince pour Enée, qui, manque de pot est un ennemi. Elle succombe quand même (comme tu le vois sur l'image, à gauche, qui est un peu crue, même que si t'essaies de te frotter, à poil, contre un mec en armure, tu vas comprendre ta douleur ...), mais une vilaine salope sorcière baratine Enée pour qu'il parte fonder une nouvelle cité en Italie. Il annonce à Didon qu'il va la quitter, elle braille. Il lui dit que finalement il va rester quand même, elle braille encore, rien qu'à l'idée qu'il ait pu envisager de la quitter (les filles sont vraiment des chipies !). Du coup bien sûr il se casse (qui resterait avec une nana qui braille tout le temps ?). Et Didon, fort marrie, se fait hara-kiri, en disant à sa copine Belinda "remember me".

Oui, je sais, cette version de "Didon et Enée" est aussi peu orthodoxe que ma façon de voir "Le Misanthrope", mais sois honnête, si je te parlais de Molière et Purcell sans faire un peu la bouffonne, tu viendrais encore ?

Thy hand, Belinda, darkness shades me,la mort de Didon - gravure de Pietro Testa 17e siècle
On thy bosom let me rest,
More I would, but Death invades me;
Death is now a welcome guest.
When I am laid in earth, May my wrongs create
No trouble in thy breast;
Remember me, but ah! forget my fate.
Nahum Tate, livret de Didon et Enée, 1689

Donne moi ta main, Belinda, l'obscurité m'aveugle,
Laisse moi me reposer contre ton sein,
Je voudrais plus, mais la mort m'envahit;
La mort est maintenant une invitée bienvenue.
Quand je reposerai sous la terre, que mes mauvaises actions ne provoquent
Pas de soucis dans ton coeur;
Souviens-toi de moi, mais ah! oublie mon destin.
(traduction by myself, donc sois indulgent (e) !)

Posté par madamedekeravel à 11:22 - humeur - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 mars 2007

capharnaüm

Ceux qui disent que dans le sac à main des filles on ne trouve rien n'ont pas vu la boîte à outils de monsieur de Keravel !...

capharnaüm : (de la toponymie biblique) Kefar Nahum, ville située au bord du lac de Tibériade, où Jésus fut assailli par une foule hétéroclite de malades faisant appel à son pouvoir guérisseur. (t'imagines une pièce remplie de béquilles, de perfusions, d'infimières moustachues, de malades qui crachent et qui toussent, avec une odeur d'hôpital ? ben c'est ça un capharnaüm !... beurk !)Photographie ancienne colorisée de Lehnert et Landrock - Tunis, début 20e siècle
Capharnaum, c'est aussi le nom d'une association qui, moyennant une adhésion de 30 euros par an te prête une oeuvre d'art (peinture ou photographie) à accrocher chez toi. C'est pas beau ça ? Si t'habites en Saône et Loire, va y faire un tour !

bazar, souk : ces deux mots sont d'origine arabe. Oups ! pardon !... Bazar est d'origine persane (va dire à une iranien qu'il est arabe, et tu comprendras qu'il faut pas déconner). Mais ces deux mots signifient "marché". (Pour les mots d'origine arabe, j'aurais bien mis un lien vers wikipedia, mais tu vas encore trouver que je te soûle avec mes références culturo-machin ...)

la prostituée aux anamorphoses - Gerard Garoustebordel, boxon (ou bocson, ou bocard) : maison de tolérance (c'est pas beau comme euphémisme ?). Boxon, vient de box, anglais, qui désignait un salon particulier dans un café.
Ci-contre : "la prostituée aux anamorphoses", de Gérard Garouste. Ce n'est pas que j'aime particulièrement cette peinture (pardon Gérard !) mais elle fait une transition tellement fantasique entre cette page et la précédente que j'ai été obligée de la choisir !

GotlibDomaine Semantique (oui madame !)

binz (c'est quoi ce binz ?), merdier, chantier, bric-à-brac (qui évoque immanquablement la "Rubrique-à-brac" de Gotlib, toute ma jeunesse !), fatras, fouillis, fourbi (ce mot là me fait penser à ma grand-mère), foutoir, méli-mélo, pagaille, pêle-mèle etc.
J'ai trouvé un super dictionnaire de synonymes. On peut même tracer un "domaine sémantique". Je n'ai aucune idée de ce que c'est ni de à quoi ça sert, mais c'est beau !

Et si tu me dis que tout ça c'est parler pour ne rien dire, je te réponds "oui, et alors ?..."

Posté par madamedekeravel à 12:24 - Commentaires [21] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1