Spéciale dédicace à monsieur de Keravel, qui croyait qu'il n'aimait pas Purcell (Henri Purcell, 1659-1695), mais qui a bien voulu m'accompagner quand même à l'opéra de Massy voir une répétition de Didon et Enée par la maîtrise des Hauts de Seine.

Spéciale dédicace aussi à madame musique (entre madames on se comprend) qui m'y a fait repenser et chez qui j'ai piqué les références de cette vidéo.

La vidéo en soi n'a rien d'exceptionnel (donc tu peux continuer à lire en écoutant seulement), mais la musique est renversante ! (si si, écoute ! oublie tes préjugés sur l'opéra baroque et laisse toi faire !)

Didon et Enée - Mosaique de la villa romaine de Low Ham, GB, 4e siècleL'histoire : Didon, reine de Carthage, en pince pour Enée, qui, manque de pot est un ennemi. Elle succombe quand même (comme tu le vois sur l'image, à gauche, qui est un peu crue, même que si t'essaies de te frotter, à poil, contre un mec en armure, tu vas comprendre ta douleur ...), mais une vilaine salope sorcière baratine Enée pour qu'il parte fonder une nouvelle cité en Italie. Il annonce à Didon qu'il va la quitter, elle braille. Il lui dit que finalement il va rester quand même, elle braille encore, rien qu'à l'idée qu'il ait pu envisager de la quitter (les filles sont vraiment des chipies !). Du coup bien sûr il se casse (qui resterait avec une nana qui braille tout le temps ?). Et Didon, fort marrie, se fait hara-kiri, en disant à sa copine Belinda "remember me".

Oui, je sais, cette version de "Didon et Enée" est aussi peu orthodoxe que ma façon de voir "Le Misanthrope", mais sois honnête, si je te parlais de Molière et Purcell sans faire un peu la bouffonne, tu viendrais encore ?

Thy hand, Belinda, darkness shades me,la mort de Didon - gravure de Pietro Testa 17e siècle
On thy bosom let me rest,
More I would, but Death invades me;
Death is now a welcome guest.
When I am laid in earth, May my wrongs create
No trouble in thy breast;
Remember me, but ah! forget my fate.
Nahum Tate, livret de Didon et Enée, 1689

Donne moi ta main, Belinda, l'obscurité m'aveugle,
Laisse moi me reposer contre ton sein,
Je voudrais plus, mais la mort m'envahit;
La mort est maintenant une invitée bienvenue.
Quand je reposerai sous la terre, que mes mauvaises actions ne provoquent
Pas de soucis dans ton coeur;
Souviens-toi de moi, mais ah! oublie mon destin.
(traduction by myself, donc sois indulgent (e) !)