la-minute-encyclopédique

pensée du jour, écrits et images

28 octobre 2006

baratin durable

Y’a un truc qui m’énerve (encore !).

En ce moment la SNCF fait une campagne de pub (ce site va devenir un site anti-pub ou quoi ?...), jusque dans ta boîte mail ou au journal télévisé, pour son site Internet où elle a mis un « éco-comparateur » pour t’aider à choisir le mode de transport le moins nuisible à la planète.

Genre : Tu vas chercher le pain au bout de la rue. Vaut-il mieux y aller avec ton gros 4x4 puant (avec GPS et pare-buffles, au cas où) et laisser tourner le moteur en double file pendant que Mémène fait la queue ou y aller à pied ?

Non, plus sérieusement (apparemment) tu indiques les points de départ et d’arrivée, le nombre de personnes, éventuellement le type de voiture et on t’indique s’il vaut mieux prendre le train, la voiture ou l’avion. Je n’ai pas testé le truc * (ben alors tu sais pas de quoi tu parles, alors tais-toi !), mais je mettrais ma main à couper que c’est toujours le train qui arrive en tête (sauf peut-être sur Paris – New York …). Parce que tu sais quel est le SEUL critère pris en compte pour comparer l’impact sur l’environnement ? C’est l’émission de CO2 !

La SNCF avait fait une campagne d'affichage il y a quelques années qui m’avait déjà donné des boutons : on voyait un beau train, tout brillant, et il disait 0% de pollution. Ça me parait autant de bonne foi que la sucette 0% de matières grasses !

parc d'éoliennes en mer du NordParce que émettre du CO2, c’est mal ! Mais le train marche avec quoi ? De l’électricité ! Et l’électricité est fabriquée comment ? Avec des centrales nucléaires. La part du nucléaire est même en augmentation en France : elle est passée de 75% en 2003 à 86% en 2005, contrairement aux directives européennes, qui préconisent une part de 21% d’électricité issue d’énergies renouvelables en 2010.

Et les centrales nucléaires, ça fait des déchets nucléaires que, dans l’état actuel de la science, on ne sait pas traiter et qu’on enfouit sous terre (en croisant les doigts pour qu’il n’y ait pas de tremblement de terre) ou qu’on met au fond de la mer (en croisant les doigts pour que les conteneurs en béton ne se fissurent pas).

Donc ne viens pas me dire que le train ne pollue pas ! Ou alors tu estimes peut-être qu'il vaut mieux des déchets nucléaires subreptices que du CO2 caniculisateur ...

Que vaut-il mieux ? Ours sur la banquise

- Charybde ou Scylla ?
- Un coup de poing dans l’œil ou un coup de pied dans l’estomac ?
- Un mari motard ou un mari fan de foot ?
- Hitler ou Staline ?
- Engloutir le Bengladesh et les Seychelles, tuer tous les ours blancs et provoquer des cyclones dans les pays intertropicaux (en émettant du CO2 qui provoque le réchauffement de la planète) ou faire des déchets nucléaires, toxiques pendant des dizaines, voire des centaines d’années, augmenter la fréquence des leucémies et des cancers de la tyroïde et le taux d’enfants malformés ?

* Monsieur de Keravel me dit "tu ne peux pas parler de ça sans avoir au moins essayé !". Alors j'ai testé. Et ben leur truc ça marche même pas ! 
- Paris – Brest : pas d’avion !
- Paris – Toulouse : pas d’avion …
- Paris – Strasbourg : encore plus fort ! pas de train trouvé !

sncfStrasbourg

Posté par madamedekeravel à 22:14 - on nous prendrait pas pour des ... - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 octobre 2006

Un arrêt pipi qui s'est prolongé plus que de raison ..
Je vous ai photoshopé une petite carte postale.
(les photographies sont de monsieur de Keravel, qui a joué à Hitchcock)

escale à Vitré

Posté par madamedekeravel à 16:35 - Karte postale - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 octobre 2006

l'oulipo fait boule de neige ...

La flèche d'Eroscupidon

Amour
.Mon cœur
  Je t’aime
   Mais tu me fuis
    Tu ne m’aimes pas
     Tu ris de moi avec mépris
      Tu me regardes des tes yeux hautains
     Et j’en souffre tellement, cruelle !
    Pourquoi ne vois-tu pas
   Que je me consume ?
  Je te hais !
.Te maudis !
Ouste !

(pour faire miroir au blog de Mme la fée)
La peinture "amour sacré et amour profane" (tout un programme !...) est de Giovanni Baglionne.

Edit 11h50 : j'ai trouvé une musique qui va bien c'est un extrait d'une cantate de Vivaldi "Cessate, o mai cessate" . Malheureusement, ce n'est pas le moment où il se met vraiment en colère, et c'est très court. Mais ne faisons pas la fine bouche ! J'étais déjà épatée de trouver une cantate de Vivaldi sur RadioBlog ...

Posté par madamedekeravel à 08:51 - avec la langue - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 octobre 2006

Queneau (2)

Je suis encore en train de lire Pierrot mon ami de Raymon Queneau (oui, je sais, je t'en ai déjà parlé il y a plus d'une semaine, mais j'ai commencé plusieurs livres en même temps) et je me délecte. Je ne résiste pas au plaisir de t'en mettre encore un petit bout !

(Pierrot pense à Yvonne, qu'il a rencontrée à la fête foraine)

Pierrot ferma les yeux, évoqua le brouhaha du manège, l'aérodynamisme du petit véhicule dans lequel il s'était serré contre elle; alors il ressentit les parfums troublants dont elle s'était imbibée, son coeur chavira de nouveau à la mnémonique olfaction de cet appât sexuel et, pendant quelques instants, il s'abîma dans la reviviscence d'odeurs qui donnaient tant de luxueux attraits à la sueur féminine.

.oOo.

(Mme Pradonet parle avec sa fille Yvonne, vingt ans)

Quand tu auras un passé, Vovonne, tu t'apercevras quelle drôle de chose que c'est. D'abord y en a des coins entiers plage des 3 moutons - collection personnelled'éboulés : plus rien. Ailleurs, c'est les mauvaises herbes qui ont poussé au hasard, et l'on y reconnaît plus rien non plus. Et puis il y a des endroits qu'on trouve si beaux qu'on les repeint tous les ans, des fois d'une couleur, des fois d'une autre, et ça finit par ne plus ressembler du tout à ce que c'était. Sans compter ce qu'on a cru très simple et sans mystère quand ça s'est passé, et qu'on découvre pas si clair que ça des années après, comme des fois tu passes tous les jours devant un truc que tu ne remarques pas et puis tout d'un coup tu t'en aperçois. Léonie s'intéresse à la femme pour laquelle est mort un homme qui l'avait aimée elle, c'est bien naturel. Des idées comme celle là, et même des plus baroques, il en pousse tous les jours sous le crâne de tout le monde, tu le sauras quand tu auras mon expérience.

Posté par madamedekeravel à 07:43 - Mme de K critique littéraire - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 octobre 2006

éponyme

l est des mots qui semblent apparaître à tous les coins de rue tout à coup, si possible des mots compliqués dont personne ne connaît très bien le sens (comme prosélytisme) mais pas forcément (comme chassé-croisé, qui ne s'applique plus au JT qu'au cas des juilletistes et des aoûtiens). Parmi ces mots galvaudés, on compte éponyme. Je ne suis pas la seule à l'avoir remarqué : Ici un monsieur (?) se plaint de la miseàtouteslessaucisation de "éponyme". Il le fait en parlant de Queneau, c'est le sujet de ma dernière page. (Dans un autre billet de la série intitulée "l'empire du sens", il parle aussi du Misanthrope, le monde est petit ! J'en ai parlé aussi !)

Il y a d'autres gens qui râlent à propos de ce mot dans "la langue sauce piquante" excellent blog des correcteurs du Monde (ils en ont même parlé deux fois), et aussi chez Wikipedia.

Mais pourquoi elle (ils) râle (nt) ? Elle râle parce que ce mot est misàtoutelessaucesisé, mais le plus souvent à mauvais escient. En effet, que dit Saork*ozy le dictionnaire ? Il dit que :
éponyme (adjectif) : Qui donne son nom à. Par exemple : Séleucos, ancêtre éponyme des Séleucides. ­ Dans l'antiquité grecque : le magistrat éponyme est celui qui, dans une cité grecque, donnait son nom à l’année. L’archonte éponyme d’Athènes.

Les utilisations les plus fréquentes sont pour désigner un personnage (dieu, héro, saint) qui donne son nom à une ville, ou un personnage qui est aussi le titre d'un roman.

si tu trouves que l'image est trop petite, faudrait peut-être envisager un rendez-vous chez l'ophtalmo ...

On a vu que le saint ou la sainte éponyme est celui qui donne son nom à une église ou à un village. Il semblerait que cette notion ait été poussée à son paroxysme dans "Voyage au bout de la nuit", où l'auteur parle d'une église à Toulouse qui s'appellerait Sainte Eponime. Mais comme ma seule source est en allemand, je ne suis pas très sûre ... Normalement, avant d'écrire cela, je devrais vérifier, reprendre Céline (non, pas toi, Louis Ferdinand Céline) (quand je dis ça, j'en vois deux qui se rengorgent ... parce que j'ai deux fidèles lectrices qui ont le même prénom) (Céline, pas Louis Ferdinand, faut suivre hein !), et citer le texte original. Mais j'ai essayé déjà deux fois de lire ce livre et je n'ai pas pu ... Je n'aime pas Céline (mais non, pas toi !), et je vois pas pourquoi je n'aurais pas le droit de le dire. Je n'aime pas non plus Picasso (ce tableau est capable de te dégoûter des baisers à tout jamais, non ?). Et je le clamerai haut et fort, quitte à passer pour une vieille aigrie psychorigide et rétrograde. Mais ce qui me sauve c'est que je t'aime, toi (mais non pas toi ! l'autre, le petit chauve derrière, qui se cache pour pas qu'on l'interroge ...).

Bon, mais pour revenir à "Voyage au bout de la nuit", je croyais que Céline avait de l'humour (on est forcément un être plein d'humour quand on ose écrire : "Nous nous débarrasserons des Juifs, ou bien nous crèverons des juifs, par guerres, hybridations burlesques, négrifications mortelles"), mais il semblerait que non, que cet humour involontaire soit une faute de frappe de mon littérateur allemand qui aurait dû écrire Sainte Eponine (comme c'est écrit ). Eponine était une héroïne gauloise (et sainte chrétienne), et aussi la fille des Thénardiers dans les Misérables de Victor Hugo (ce qui n'a rien à voir ...). Je l'ai appris chez "la langue sauce piquante".

Par extension, on peut admettre (mais ça devient déjà limite) l'utilisation de l'adjectif eponyme pour le roman qui a donné son titre à un film : wikipedia dit "Tous les matins du monde est un film français, réalisé par Alain Corneau, sorti sur les écrans en 1991. Il est tiré d'un roman éponyme écrit par Pascal Quignard." (là encore je tourne en rond autour de mes derniers sujets ...)

L'exemple le plus fréquent d'utilisation erronée de ce mot est "album éponyme" : si tu tapes "album éponyme" dans gougueule, j'te dis pas combien de pages t'en as ! Y'a même des petits malins qui ont baptisé carrément leur album Eponyme, comme un groupe de pop metal (si, je t'assure, c'est comme ça que ça s'appelle, c'est marqué dessus !) qui s'appelle Baskaäm, et tu peux écouter un extrait de leur production . Mais si t'as bien suivi, tu comprends bien que l'adjectif éponyme s'applique au personnage qui donne son nom à l'objet (ville, roman, album) et non pas l'inverse.

On a aussi du col éponyme , et du tableau éponyme ici. Il y a même un site qui parle de l'adjectif éponyme (adjectif formé à partir d'un nom propre, comme gargantuesque) (pourquoi je pense à ça moi ? c'est l'heure de goûter ?). Et là je ne sais pas si c'est correct ou pas, mais je vais m'arrêter là, ça suffit pour aujourd'hui !

Posté par madamedekeravel à 17:00 - avec la langue - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 octobre 2006

Queneau

T'imagines ? Arriver à l'âge canonique que j'ai et ne jamais avoir lu Queneau !

Je ne résiste pas au plaisir de t'expliquer au passage "âge canonique" :
adj. XIVe siècle. Emprunté du latin canonicus, « conforme aux règles », du grec kanonikos, « relatif aux règles ». 1. RELIG. CATHOL. Conforme aux canons de l'Église ou en relation avec eux (...) Âge canonique, âge minimum fixé par les règles de l'Église pour pouvoir accéder à certaines charges. Une femme d'âge canonique, assez âgée pour tenir la maison d'un prêtre. Par ext. Iron. Se dit d'une femme que son âge est censé mettre à l'abri des tentations. (ah ouais, tu le savais ?)

Une petite citation pour te faire patienter jusqu'à la prochaine page (quand j'aurai fini de lire "Pierrot mon ami" de Raymond Queneau).

Pierrot la regarda.François Boucher - Renaud et Armide
- Moi, je viendrais rien que pour vous.
- Tiens, tiens.
- Sans blague. D'ailleurs, je suis sûr qu'il y a des tas de types qui viennent vous faire du plat, sous prétexte de s'amuser avec cet ustensile.
(NDmoi : la demoiselle tient un stand forain de tir)
- Ca, c'est vrai. Il y en a qui sont collants ... Pas moyen de s'en débarrasser. Et bêtes par dessus le marché ... Et bêtes ...
- Ca, il y en a qui en tiennent une couche.
- Ils se croient malins, et ils ne disent que des bêtises, d'une taille ... Et puis des plaisanteries grosses comme eux.
- Je vois ça d'ici, dit Pierrot.
- Vous, vous n'avez pas l'air comme eux.
- Faut pas m'en faire compliment, dit Pierrot. Je ne le fais pas exprès.
- Oui, vous n'êtes pas comme eux. Ainsi, vous ne m'avez pas encore proposé un rancard.
- Je vous attends à la sortie ? demanda Pierrot.

>> Post-scriptum écrit après : une resucée ?

Posté par madamedekeravel à 18:56 - Mme de K critique littéraire - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 octobre 2006

légumes

Il faut exorciser ses cauchemars :

Cette nuit j'ai rêvé que je faisais pleurer ma soeur. Je lui reprochais d'avoir acheté des petites bouteilles de , je lui disais qu'elle s'était fait berner par la pub, que je trouvais ça idiot, qu'elle ne devait pas habituer ses enfants à ça, et elle pleurait car elle me trouvait méchante.

Faut dire que cette pub me hérisse ! presque autant que la pub Ch*pa Ch*ps (sans matière grasse !)... Ou que l'eau T*illefine ! D'ailleurs je ne suis pas la seule, le parlement européen est énervé aussi (va voir ). C'est vrai quoi ! Les marketeurs prennent vraiment les gens pour des andouilles ! Nous faire gober qu'une petite bouteille contient 200 g de fruits et légumes, 50% de la ration recommandée par jour !

L'équivalent en vitamines, peut-être (mais autant prendre une pilule alors), mais sûrement pas l'équivalent en fibres, ça j'y crois pas (et ce sont les fibres qui sont utiles pour la prévention du cancer du côlon).

J'aime pas !Et sûrement pas l'équivalent en plaisir non plus. Parce que ça fait des années que je m'échine à faire éprouver à mes enfants du plaisir avec les fruits et les légumes, et tu voudrais remplacer tout ça par une dose presque médicamenteuse ?
Quid du moelleux suave des aubergines revenues à l'huile d'olive ? Du goût pointu des fenouils à la crème ? Du croquant des haricots verts ?
Quid du plaisir quasi orgasmique d'une barquette de fraises?

D'accord, le belge ne mange pas assez de fruits et légumes (le français non plus). Mais quoi ? Tu prends une petite bouteille, et après tu peux te gaver de MacD* avec des frites ? Un Kn*rr Vie et un paquet de chips devant StarAc ? (non, un Danac*l, me souffle Monsieur de Keravel).

En tout cas, au niveau prix, c'est pas équivalent : 2 euros les 3 doses qui représentent Arcimboldo(soit-disant) 200 g de fruits et légumes chacune, ça nous fait du 3.333333 euros le kilo d'équivalent (soit-disant) légume (pour mémoire : pomme 2 euros/kg, carottes 1 euro/kg, épinard surgelé 1 euro/kg, tomates en saison 1.5 euros.kg ...).

Bon, voilà, je suis toute énervée ... Y préconisent quoi les marketeurs pour ce genre de problème ? le chauffage au gaz ? le bain moussant aux huiles essentielles de Saint Nicolas de Bourgueil 2002 ? la barre chocolatée 100% matières grasses qui enrobe le pneu et sucre qui nique les dents issus de l'agriculture biologique ? le crédit gratuit en 159 mensualités ?

Moi je pencherais plutôt pour une petite chanson : 

Posté par madamedekeravel à 10:34 - on nous prendrait pas pour des ... - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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