28 août 2006
brezhoneg
es bretons ne se mélangent pas facilement (sauf un, je dirai pas qui ...), donc il y a très peu de trace de la langue bretonne en français, comme il y a très peu de traces de la Bretagne dans l'Histoire de France. A part , Warok II roi de Domnonée (qui forme la Bretagne avec la Cornouaille) qui a bouté les français hors de Bretagne ou Nominoë, premier roi de Bretagne unifiée et indépendante en 845.
Mais bref ! je ne voulais pas parler d'Histoire mais de langue.
Il y a des mots bretons devenus courant en français (surtout des noms de famille ou des noms géographiques).
Parmi les noms de famille on peut citer ! Lepen (la tête, qui l'eût cru ?...), Lebras (le grand), Ledu (le noir), Cozic (petit vieux), Bihan (petit) etc...
Parmi les noms en géographie : Morbihan (petite mer), Armor (la mer, ou pays de la mer), etc...
Et puis des noms communs comme : aber, menhir, festnoz, kouign amann, korrigan etc...
Mais des mots français d'origine bretonne, il y en a très peu :
- baragouin de bara = pain et gwin = vin (à l'époque il ne connaissaient pas le Bour*in). Ce serait les deux seuls mots de breton qu'auraient retenus les aubergistes français du moyen âge ayant des clients bretons (ou inversement des français voyageant en Bretagne ?). Cette étymologie est controversée (car à cette époque les bretons n'avaient pas coutume de boire du vin semble-t-il).
Autre hypothèse : les conscrits bretons de 1870 ou 1914. Mais cette hypothèse ne tient pas quand on sait que l'utilisation du mot barraguyn est attestée dès 1391 (apparition isolée) ou 1532 chez Rabelais (voir le dictionnaire Trésors de la langue française).
On avance aussi bara gwenn (= pain blanc, de l'étonnement des bretons qui avaient l'habitude de pain noir), ou de barbaracuinus, diminutif de barbare en latin (ça me parait vraiment tiré par les cheveux !).
Le plus drôle est qu'en occitan, bredouiller se dit bretonar. Encore une pierre dans le jardin des bretons !
- goéland de gouelan
- bijou de biz = doigt et bizou = anneau (celui là c'est le plus étonnant ! non ?)
- balai de balan = genêt
D'autres exemple sur wikipedia.
Mais attention, il ne faut pas croire que s'il y a si peu de traces de la langue
bretonne en français c'est parce que les bretons sont des illettrés ! Le plus ancien manuscrit breton connu est antérieur au plus ancien
manuscrit français/roman. C'est un traité de botanique qui date de 590 et est conservé à la bibliothèque de l'université de Leyde aux Pays Bas.
Et le premier dictionnaire breton connu est, par la même occasion, le plus ancien dictionnaire français aussi (un dictionnaire breton/français/latin) : c'est le catholicon, qui date de 1464 et qui a été écrit par Jehan Lagadeuk (ce qui, d'après des recherches poussées effectuées sur Internet voudrait dire "oeil maladroit ... maintenant ne me demande pas ce que ça veut dire !...). Si ça t'intéresse, va fureter par là. Si tu cliques sur l'image à droite (qui est la photo d'une des pages de ce vieillissime dictionnaire), tu pourras vérifier que Bara = pain déjà en 1464 !
Bon j'arrête, ça suffit pour aujourd'hui non ? J'en vois un qui fait un sudoku au fond de la classe ...
25 août 2006
sensualité
Depuis que j'ai trouvé comment insérer des musiques dans mon blog, j'ai envie d'en user ; si j'en abuse, dites-le moi !
Je ne sais pas pourquoi, mais le concerto pour clarinette de Mozart m'évoque immanquablement un camembert bien fait. Force et douceur, puissance et délicatesse, fermeté et onctuosité.
Bien sûr, cette musique me fait penser aussi à "out of Africa", qui me fait penser à un de mes anciens amants qui ... Mais non ! Je m'étais promis de ne pas raconter ma vie sur ces pages ... Et puis imagine que monsieur de Keravel passe par là !

21 août 2006
surfing the da Vinci wave
Les édition du Livre de Poche ont sans doute voulu profiter du succès commercial du da Vinci code (livre, puis film, et blablabli et blablabla), et ils ont publié en 2006 "Le roman de Léonard de Vinci", de Dimitri Merejkovski (datant du début du 20e siècle, y'avait sûrement des ouvrage plus récents, mais les droits n'étaient peut-être pas libres ?), traduction de Jacques Sorrèze, actualisée et corrigée par Victor Loupan.
Je vous ai déjà parlé (là) de l'admiration que j'ai pour les traducteurs dont l'art nous permet d'apprécier un roman écrit dans une langue étrangère. Et bien aujourd'hui j'ai un contre-exemple, l'exemple d'un livre que je ne finirai pas tant la traduction me déplait (c'est rare que je ne finisse pas un livre), l'exemple d'un traducteur (ou de traducteurs, car ils s'y sont mis à deux !) qui ont appris leur métier sur des notices d'électroménager japonais.
Victor Loupan, qui a commis la préface de ce livre et a "actualisé et corrigé" la traduction de
Jacques Sorrèze, a aussi écrit un livre sur le da Vinci code ("les démons de Dan Brown"), y'a pas de petit profit ! Je te mets pas sa photo, ça fait peur ! Mais tu peux la voir là (j'espère qu'il ne tombera jamais sur cette page, sinon je vais finir par me faire casser la gueule ...).
Enfin là je suis méchante, mais je peux te mettre des exemples, si tu veux constater que cette traduction est imbuvable :
- (p58) : "dans le vivier voisin, les canards barbotaient et criaient joyeusement". (Déjà un canard qui crie c'est bizarre, mais alors s'il crie dans un vivier, ça devient carrément space !)
- (p 61, à propos d'une hirondelle qui est entrée dans une pièce) "Léonard s'approcha,
désemprisonna (ça existe ce verbe ?...) l'oiselet (délicieusement kitsch ce mot) avec précaution ... et lui donna la volée (ça veut dire qu'il la laisse s'envoler par la fenêtre, je suppose ...). L'hirondelle prit son élan et disparut avec un cri (comme le canard ... il faudrait que ce monsieur enrichisse son vocabulaire concernant les cris d'animaux !...).
- (p 503) : "les citoyens considérables en accusèrent le peuple ; les tribuns du peuple, les citoyens considérables" (personnellement, j'aurais choisi un autre mot que considérable ... les notables par exemple)
- (p 504) : "son visage ovale comme un oeuf" (ça serait pas un pléonasme ?)
Et pour finir, une erreur de l'auteur, pas du traducteur : (p499) "En sortant du Palazzo Vecchio, Léonard s'arrêta sur la place devant le David de Michelange ... Ce corps d'adolescent nu était maigre (tu le trouves maigre toi David ?). Le bras droit qui tenait la fronde était tendu ... le gauche tenant la pierre était replié devant la poitrine ..." (il devait pas avoir la photo sous les yeux quand il a écrit ça ... c'est l'inverse !).
J'ai deux autres exemples de "mauvaise translation" (bad translation, in english), mais je vous les mets au frais pour la prochaine fois, ça suffit pour aujourd'hui !
Pour mes amis les plus fidèles, pour ceux qui même en vacances prennent quinze minutes de temps en temps pour me lire, pour ceux qui sont arrivés jusqu'au bout de cette page, un cadeau ! Un dessin classé X de Mister da Vinci.
Attention ! cette image peut choquer ! Eloignez de l'écran les personnes sensibles (enfants, vierges effarouchées, vieillards apoplectiques, intégristes religieux de tous poils etc...) (ça me fait penser que j'aurais du flouter le zizi de David !...).
(quoi ? t'as pas trouvé ça sexy ?)
(moi ce que j'aime surtout, c'est le zizi découpé en rondelles ! ça vous a pas donné des frissons les garçons ?)
16 août 2006
il pleut des cordes 2
J'ai trouvé comment insérer une VRAIE bande son (qui fait du son ...).
Par contre, je n'ai pas trouvé le morceau que je cherchais ...
Mais celui-ci n'est pas mal non plus :
Mozart - Quatuor en sol majeur K.387
(Et pardon pour ceux qui n'ont pas l'ADSL, ça doit être un peu long à charger, non ?)
il pleut des cordes
Bande son : Schubert - quatuor N°13 en La mineur "Rosamunde" - Menuetto
Le mot pluie est un joli mot, presque une onomatopée. Plic plic plic. Bien plus joli à entendre que rain, qui ferait plutôt penser aux vibrations d'un gong. Je chante sous la pluie, I'm singing in the rain.
Petite collection d'expressions pluvieuses (si vous en avez d'autres à ajouter, je compte sur vous pour me mettre un commentaire !) : pleuvoir des hallebardes, pleuvoir comme vache qui pisse, ne pas être tombé de la dernière pluie, petite pluie abat grand vent, faire la pluie et le beau temps, s'il pleut à la saint Médard il pleut quarante jours plus tard, mariage pluvieux mariage heureux, après la pluie le beau temps, la pluie du matin n'arrête pas le pélerin, ennuyeux comme la pluie.
pluvia (latin) glav (breton) дождь (russe)
(cambodgien)
It's raining cats and dogs http://fr.wikipedia.org/wiki/Pluie_d'animaux

"La pluie fait des claquettes" par Paulo
Oui, je sais, y'a plus à voir qu'à lire sur ces pages en ce moment ! Mais, même s'il pleut, c'est les vacances non ?
09 août 2006
farandole orange
06 août 2006
vert
’avais projeté de faire une photographie par jour avec mon stylo.
Aujourd’hui, ce n’est pas une photographie que je vais te faire, mais un dessin. Un dessin qui utilisera les innombrables nuances de vert qui ont impressionné ma rétine durant ce trajet :
Le vert vaporeux des tamaris 
Le vert bleuté des épicéas
L’ombre verte des platanes alignés au bord de la route
Le vert métallique et grisé des buissons de lavande
Le vert mat et primaire des thuyas autour des jardins
Le vert pointilliste des bouleaux
Le vert brillant et vernissé des fusains
Le vert argenté des tilleuls qui nous font des clins d’œil sous la brise avec le dessous blanc et duveteux de leurs feuilles
Le vert épointé de marron des feuilles d’iris qui ont chaud sous le soleil
Le vert blond et échevelé, piqueté de blanc, des champs d’herbes folles
Le vert pointu, piquant et acéré des champs de maïs
Le vert désaltérant des sous-bois de fougères
Le vert foisonnant et moutonnant des frondaisons de châtaigniers
Le vert artificiel de l’herbe sur-arrosée au milieu du rond point
Le vert foncé, presque noir, et odorant du buis
Et puis ce vert là, qui n’est pas du tout vert mais rouge, est-ce un prunus ? un érable ? où se cache la chlorophylle dans les feuilles rouges de cet arbre rouge ?
Le vert mordoré et tacheté d’un mur recouvert de vigne vierge
Le vert géométrique d’une rangée de cyprès à l’horizon
Le vert illuminé d’un champ de tournesols
Le vert exsangue des pelouses de la station service assoiffées par l’été
Le vert translucide et phosphorescent des feuilles de ronces vues à contre-jour dans un chemin creux et ombragé
Le vert profond, veiné de jaune, des feuilles de lierre
Le vert bruissant et chuchotant du vent dans les feuilles de peupliers
Le vert timide des herbes qui escortent la route entre les champs et qui se dilue rapidement dans l’or des chaumes de blé
Et puis il y a le vert de tes yeux, mais ça c’est une autre histoire …











