Leonardo da Vinci - autoportraitLes édition du Livre de Poche ont sans doute voulu profiter du succès commercial du da Vinci code (livre, puis film, et blablabli et blablabla), et ils ont publié en 2006 "Le roman de Léonard de Vinci", de Dimitri Merejkovski (datant du début du 20e siècle, y'avait sûrement des ouvrage plus récents, mais les droits n'étaient peut-être pas libres ?), traduction de Jacques Sorrèze, actualisée et corrigée par Victor Loupan.

Je vous ai déjà parlé () de l'admiration que j'ai pour les traducteurs dont l'art nous permet d'apprécier un roman écrit dans une langue étrangère. Et bien aujourd'hui j'ai un contre-exemple, l'exemple d'un livre que je ne finirai pas tant la traduction me déplait (c'est rare que je ne finisse pas un livre), l'exemple d'un traducteur (ou de traducteurs, car ils s'y sont mis à deux !) qui ont appris leur métier sur des notices d'électroménager japonais.

Victor Loupan, qui a commis la préface de ce livre et a "actualisé et corrigé" la traduction de Jacques Sorrèze, a aussi écrit un livre sur le da Vinci code ("les démons de Dan Brown"), y'a pas de petit profit ! Je te mets pas sa photo, ça fait peur ! Mais tu peux la voir (j'espère qu'il ne tombera jamais sur cette page, sinon je vais finir par me faire casser la gueule ...).

Enfin là je suis méchante, mais je peux te mettre des exemples, si tu veux constater que cette traduction est imbuvable :

- (p58) : "dans le vivier voisin, les canards barbotaient et criaient joyeusement". (Déjà un canard qui crie c'est bizarre, mais alors s'il crie dans un vivier, ça devient carrément space !)

- (p 61, à propos d'une hirondelle qui est entrée dans une pièce) "Léonard s'approcha, désemprisonna (ça existe ce verbe ?...) l'oiselet (délicieusement kitsch ce mot) avec précaution ... et lui donna la volée (ça veut dire qu'il la laisse s'envoler par la fenêtre, je suppose ...). L'hirondelle prit son élan et disparut avec un cri (comme le canard ... il faudrait que ce monsieur enrichisse son vocabulaire concernant les cris d'animaux !...).

- (p 503) : "les citoyens considérables en accusèrent le peuple ; les tribuns du peuple, les citoyens considérables" (personnellement, j'aurais choisi un autre mot que considérable ... les notables par exemple)

- (p 504) : "son visage ovale comme un oeuf" (ça serait pas un pléonasme ?)David de Michelange

Et pour finir, une erreur de l'auteur, pas du traducteur : (p499) "En sortant du Palazzo Vecchio, Léonard s'arrêta sur la place devant le David de Michelange ... Ce corps d'adolescent nu était maigre (tu le trouves maigre toi David ?). Le bras droit qui tenait la fronde était tendu ... le gauche tenant la pierre était replié devant la poitrine ..." (il devait pas avoir la photo sous les yeux quand il a écrit ça ... c'est l'inverse !).

J'ai deux autres exemples de "mauvaise translation" (bad translation, in english), mais je vous les mets au frais pour la prochaine fois, ça suffit pour aujourd'hui !

Pour mes amis les plus fidèles, pour ceux qui même en vacances prennent quinze minutes de temps en temps pour me lire, pour ceux qui sont arrivés jusqu'au bout de cette page, un cadeau ! Un dessin classé X de Mister da Vinci.

Attention ! cette image peut choquer ! Eloignez de l'écran les personnes sensibles (enfants, vierges effarouchées, vieillards apoplectiques, intégristes religieux de tous poils etc...) (ça me fait penser que j'aurais du flouter le zizi de David !...).

(quoi ? t'as pas trouvé ça sexy ?)
(moi ce que j'aime surtout, c'est le zizi découpé en rondelles ! ça vous a pas donné des frissons les garçons ?)